
Blé Goudé, Don Mello, PDCI-RDA: Le PPA-CI et le Mystère des Courriers « Perdus dans le Triangle des Bermudes » de la Riviera
Entre démentis officiels et preuves de réception étalées sur la place publique, la gestion administrative du parti de Laurent Gbagbo interroge. De Charles Blé Goudé au PDCI-RDA, en passant par Ahoua Don Mello, le service courrier du PPA-CI semble être devenu un filtre politique redoutable.
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) est-il victime d’un dysfonctionnement administratif chronique ou d’une stratégie d’isolement délibérée ? C’est la question qui brûle les lèvres des observateurs de la vie politique ivoirienne. Depuis la création du parti en 2021, une étrange malédiction semble frapper les correspondances adressées à son président, Laurent Gbagbo.
L’impossible retrouvaille : Le cas Blé Goudé
Le divorce symbolique entre le « père » et le « fils » s’est cristallisé autour d’une feuille de papier. Charles Blé Goudé, ex-codétenu de la Haye, affirme avoir sollicité une audience dès le **4 novembre 2022**. La réponse du PPA-CI fut cinglante : aucune trace d’un tel document dans les archives.
Pourtant, l’enjeu dépasse la simple bureaucratie. Blé Goudé a fini par briser le silence, pointant du doigt l’influence de l’entourage immédiat de l’ancien président, notamment Nady Bamba, qu’il accuse de faire écran.
Celui qui a « donné sa poitrine » pour Gbagbo est aujourd’hui traité en adversaire politique, faute d’avoir pu faire franchir le seuil du secrétariat à sa lettre.
La dissidence étouffée : L’épisode Don Mello
En juillet 2025, alors que le débat sur l’éligibilité de Laurent Gbagbo pour la présidentielle faisait rage, le Dr Ahoua Don Melloa tenté d’anticiper. En proposant une « candidature de substitution » (un Plan B), il a touché un nerf sensible.
Sa lettre, bien que largement relayée, a subi le même sort : le déni. Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du parti, a balayé l’existence de ce courrier, invoquant la « rigueur et la discrétion » de la correspondance présidentielle pour discréditer la fuite.
Une question demeure : le courrier n’est-il jamais arrivé, ou a-t-il été opportunément ignoré pour étouffer toute velléité de succession ?
Le PDCI-RDA : Le démenti de trop ?
L’incident le plus récent, survenu lors du lancement des festivités des 80 ans du PDCI-RDA, a apporté un éclairage nouveau et embarrassant. Le 9 avril, le PPA-CI justifie son absence à la Maison du Parti par un manque d’invitation officielle.
« Le PPA-CI […] n’a reçu aucune invitation officielle. Dès lors, le Parti ne pouvait valablement y dépêcher une délégation. », à signifié Tchéidé Jean Gervais, Secrétaire Général.
La réplique du PDCI-RDA ne s’est pas fait attendre. Dans la soirée même, le service de communication du plus vieux parti de Côte d’Ivoire publiait le bordereau de décharge, dûment signé par le service courrier du PPA-CI. Cette fois, la preuve matérielle était là, mettant à nu une contradiction flagrante au sommet du parti panafricain.

Une administration sous influence ?
Ces incidents à répétition dessinent un schéma inquiétant. Le service courrier du PPA-CI ne semble plus être une simple boîte aux lettres, mais un verrou politique.
Indépendance en question :Le personnel administratif agit-il sous ordres de ne pas enregistrer certains courriers gênants ?
L’influence de l’ombre :Y a-t-il un « cabinet noir » qui filtre les accès à Laurent Gbagbo, décidant de qui est fréquentable et qui ne l’est plus ?
À l’approche d’échéances électorales cruciales, ce manque de transparence et ces « disparitions » de courriers fragilisent la crédibilité du PPA-CI.
En se laissant systématiquement « surprendre » par des preuves de réception qu’il nie détenir, le parti s’enferme dans une tour d’ivoire qui pourrait, à terme, l’isoler de ses alliés naturels et de ses propres cadres.
Hilaire Gueby







