
Tiassalé : Les 2 447 voix d’écart dans la commune qui poussent Assalé Tiémoko à renoncer à la mairie
Le contrôle du récit est un art périlleux : à trop vouloir le façonner, on finit par se heurter à la réalité des faits. L’annonce d’Assalé Tiémoko de ne pas briguer de nouveau mandat à Tiassalé en 2028 s’inscrit dans cette dualité. Présenté comme un choix d’éthique, ce départ ressemble fort à une retraite stratégique d’un terrain où le vent a tourné.
La politique est avant tout un rapport de force, et celui-ci a basculé lors des législatives de décembre 2025. Le candidat du RHDP l’a emporté avec 8 557 voix (52,42 %) contre 7 489 voix (45,88 %) pour Assalé Tiémoko. Mais c’est dans la commune même que la fracture est la plus nette. Sur les 9 618 votants de la zone urbaine :
- Alpha Sanogo : 5 874 voix
- Assalé Tiémoko : 3 427 voixL’écart de 2 447 voix témoigne d’une perte de vitesse que les actions sociales répétées d’Alpha Sanogo ne feront qu’accentuer.
Face à cette érosion, dire « je ne fuis pas » n’efface pas le fait que l’on quitte un terrain où l’on n’est plus certain de gagner. La rhétorique de la fraude anticipée, affirmant que le RHDP ne peut pas le battre loyalement, est une “posture commode” pour transformer une défaite probable en injustice systémique.
Enfin, s’approprier seul le développement de Tiassalé est un raccourci audacieux. La croissance locale dépend d’une dynamique nationale et d’investissements structurels qui dépassent l’action d’un seul homme. Le pari d’Abidjan est désormais lancé, mais là-bas, la notoriété devra affronter une réalité électorale autrement plus complexe.
HG







