
PPA-CI : Stéphane Kipré défie la ligne du boycott et plaide sa loyauté envers Gbagbo
Lemandatexpress – Après son audition devant le onseil de discipline du PPA-CI, le député Stéphane Kipré a produit une déclaration. Dans ce courrier dans lequel il évoque les raisons de sa candidature aux législatives de décembre 2025. Par ailleurs, exprime le député marque son étonnement sur la ligne de de boycott adoptée par le PPA-CI à l’occasion de des consultations électorales. Extraits.
DE MA DÉCISION D’ÊTRE CANDIDAT À L’ÉLECTION LÉGISLATIVE DE DÉCEMBRE 2025
Je rappelle, à toutes fins utiles, qu’avant la tenue du Comité Central du 06 Novembre 2025, une réunion du CSP avait été convoquée par le Président Laurent Gbagbo, portant sur la participation ou non du PPA-CI à cette élection législative. À l’issue de cette réunion, le CSP, à la quasi-unanimité de ses membres, avait décidé de la participation du PPA-CI à l’élection législative de Décembre 2025.
Dans un tel contexte, le revirement survenu lors du Comité central, quelques jours plus tard fut une surprise pour moi.
Il n’en demeure pas moins que personnellement, et de manière constante, cette décision surprenante de non-participation du PPA-CI à l’élection législative n’était ni la meilleure, ni la bonne.
Cette conviction s’appuie sur la déclaration du président Laurent Gbagbo, président du Parti, qui lors d’un échange avec la jeunesse au Palais de la culture en avril 2023, affirmait ceci : « Nous avons pris une décision. Nous avons dit que nous n’allions pas aux élections, nous avons dit que nous n’allions pas aux élections, nous a causé beaucoup de dommages. Donc on ne peut pas manquer les élections. Donc nous dénonçons les fraudes, nous dénonçons les carences mais nous continuons d’aller aux élections parce que de deux maux, il faut choisir le moindre. Aller aux élections même avec les fraudes vaut mieux que ne pas aller aux élections à cause des fraudes, pour un parti politique ».
Cette position du président Laurent Gbagbo, qui jouit d’une expérience politique considérable, a donc fondé ma conviction qu’il nous fallait absolument participer à cette élection afin de ne pas céder nos bastions au parti au pouvoir. J’avais la ferme conviction qu’à Gboguhé-Zabalo, en dépit des éventuelles obstacles démocratiques, nous pouvions gagner. Et nous avons gagné.
D’ailleurs, la non-participation du PPA-CI à cette élection a eu pour conséquence la perte de l’ensemble de nos bastions au profit des candidats du parti au pouvoir, au point même dans le village du président de notre parti, l’élu censé représenter les populations à l’hémicycle, siège au sein du groupe parlementaire du parti au pouvoir. C’est une symbolique dommageable.
Ma décision de participer à cette élection législative a donc été motivée par le désir de représenter nos populations, qui commençaient à nourrir le sentiment, depuis plusieurs années et après les régionales, qu’en fin de compte je les avais abandonnées alors qu’elles avaient besoin de moi à l’occasion des batailles électorales.
Mon intention n’était donc pas de contredire le Comité central, mais de répondre à un devoir démocratique envers nos militants et nos populations. Je comprends et reconnais pleinement la légitimité de la décision collective. Ma démarche n’avait pas pour but de la contester, mais de chercher un équilibre entre l’intérêt de nos militants, de nos populations et la ligne stratégique du parti.
Ma participation à l’élection ne relevait donc pas d’une simple stratégie personnelle. Elle ne doit nullement être interprétée ni comme un acte de rupture, ni comme une manœuvre opportuniste, encore moins comme une aventure individuelle destinée à servir une ambition personnelle contre le Parti. Elle procédait d’abord d’une alerte politique sérieuse face à des dysfonctionnements persistants et à une inquiétude profonde sur notre trajectoire stratégique.
Dans mon analyse, l’accumulation de décisions mal comprises par les militants, l’affaiblissement de notre rapport de force, la désorientation de notre base électorale après la séquence régionale et présidentielle, puis le choix du boycott de l’élection législative, faisaient courir au Parti un risque réel d’effacement politique et l’abandon de nos bastions.
Ma candidature était donc, dans mon esprit, un signal d’alerte politique, pas un défi personnel. Elle visait à réaffirmer une conviction nourrie par une déclaration antérieure du président Laurent Gbagbo sur la nécessité de ne plus manquer les élections.
Cela étant dit, je reconnais aujourd’hui que, même lorsque l’alerte est sincère, elle ne doit pas prendre une forme susceptible d’être interprétée comme une contestation de la discipline collective. C’est pourquoi je veux être clair : il ne s’agissait pas d’une stratégie personnelle contre le Parti, mais peut-être d’une alerte mal portée, dans un contexte de fortes tensions politiques et organisationnelles. C’est d’ailleurs, ayant compris cela que j’ai d’abord assumé mon éviction de la direction du parti et j’ai publiquement demandé pardon au président Laurent Gbagbo.
Toutefois, je souhaite préciser une chose importante : ma présence à cette convocation du conseil de Discipline ne doit nullement être perçue comme une manœuvre ayant pour objectif d’être à nouveau nommé au sein de la Direction, d’une structure ou d’une institution du Parti. Sur ce point, je veux être clair. Cela ne me gêne nullement de demeurer un militant de base du Parti qui agit à son humble niveau au rayonnement et au renforcement de l’unité du Parti.
À ce titre, je reste pleinement disposé à contribuer à tout mécanisme de conciliation que le parti jugera nécessaire.
CONCLUSION
En définitive, je réaffirme mon attachement au PPA-CI.
Je reconnais que ma démarche a créé une difficulté politique et disciplinaire. J’en assume la responsabilité. Mais je demande respectueusement au Conseil de discipline, le fondement de mon engagement, la sincérité de ma conviction, les excuses déjà exprimées, ainsi que ma volonté claire de réintégrer pleinement la dynamique collective du Parti.
Je souhaite que cet épisode débouche sur un approfondissement de notre unité, de notre discipline, de notre maturité politique et de notre capacité collective à préparer l’avenir.
Respectueusement.







