
Côte d’Ivoire : Le “regard citoyen” de Vincent Toh Bi sur les 270 milliards de la CEI
L’ancien Préfet d’Abidjan, aujourd’hui à la tête de l’organisation “Aube Nouvelle”, soulève un débat de fond sur l’efficience des dépenses électorales en Côte d’Ivoire. Entre 2020 et 2025, ce sont plus de 270 milliards de FCFA qui ont été engloutis par la machine électorale, pour un bilan démocratique que Vincent Toh Bi juge largement insuffisant.
Dans une analyse technique et percutante, Vincent Toh Bi Irié a mis en lumière les chiffres vertigineux issus des Lois de Finances de ces cinq dernières années. Selon le président d’Aube Nouvelle, le budget alloué à la Commission Électorale Indépendante (CEI) et aux opérations connexes s’élève précisément à 270,5 milliards de FCFA.
Une trajectoire budgétaire en dents de scie
L’ancien préfet détaille une répartition budgétaire marquée par les échéances électorales majeures :
- 2020 (Année présidentielle) : 75,9 milliards FCFA
- 2023 (Élections locales) : 52 milliards FCFA
- 2025 (Projection présidentielle) : 90,6 milliards FCFA
Si ces pics s’expliquent logiquement par la logistique des scrutins et la révision des listes électorales, Vincent Toh Bi pose la question qui fâche : quel est le retour sur investissement pour la démocratie ivoirienne ?
Un contrat de confiance rompu
Pour l’analyste, le coût financier ne masque pas le coût humain et social. Il rappelle avec amertume les bilans des crises passées : plus de 90 morts officiellement recensés, des centaines d’interpellations et des dégâts matériels encore non chiffrés.
« Quelle a été l’utilité de dépenser 270,5 milliards de FCFA en 5 ans, dans un pays où personne ne croit aux élections ? » s’interroge-t-il, pointant du doigt une méfiance persistante de la classe politique et de l’opinion vis-à-vis de la CEI.
Au-delà de la violence, c’est l’atonie démocratique qui inquiète le président d’Aube Nouvelle. Il note que les élections législatives et locales ont été marquées par des taux de participation trop faibles pour asseoir une réelle légitimité.
L’appel à un audit complet
Avant d’engager de nouvelles réformes, Vincent Toh Bi Irié exige une transparence totale. Il préconise un audit total et complet de la CEI sur la période 2020-2025. Cet audit devrait, selon lui, répondre à des questions essentielles :
- L’expertise : Avons-nous bâti une expertise électorale capable d’éviter les crises ?
- Le matériel : Quels équipements ont été acquis avec ces centaines de milliards ?
- Les ressources humaines : Le personnel est-il qualifié ou l’institution souffre-t-elle d’un effectif pléthorique ?
Pour Vincent Toh Bi, la survie du modèle démocratique ivoirien dépend de ce “regard citoyen”. Sans consensus national et sans une gestion rigoureuse du budget électoral, la Côte d’Ivoire risque de rester prisonnière d’un cycle éternel de crises post-électorales, malgré les milliards investis.
HG







