
Nasser Larguet (DTN, Arabie Saoudite) : « A la Coupe du monde, Kessié sera un élément moteur des Éléphants »
Lemandatexpress – Le Directeur technique national de la Fédération sœur de l’Arabie Saoudite, Nasser Larguet, séjourne en Côte d’Ivoire, à l’invitation de la Fédération Ivoirienne de Football. En marge d’un séminaire à l’attention des entraîneurs de Ligue 1 et Ligue 2, le technicien franco-marocain s’est confié à la presse.
A quoi répond votre présence à Abidjan ?
Tout d’abord, je tiens à remercier la Fédération ivoirienne de football d’avoir pris cette initiative de regrouper tous les entraîneurs de D1 et D2 pour faire un bilan de la saison. C’est un honneur de venir sur mes terres africaines, parce qu’aujourd’hui je suis en Asie, et venir partager des moments de football, des échanges au niveau football, c’est un énorme plaisir ; et je vois la qualité à la fois de ce que propose la fédération ivoirienne et aussi les échanges avec les entraîneurs. C’est quelque chose qui augure d’un très bon séminaire où chacun va trouver ce qu’il recherche.
Quel message allez vous transmettre aux entraîneurs ?
Le message est simple : en tant qu’Africain, il faut qu’on se décomplexe par rapport au football international. On a des joueurs de qualité, on a des potentiels, on a beaucoup de joueurs africains qui jouent dans les meilleurs championnats en Europe. Et on a vu sur la dernière Coupe du Monde au Qatar ce qu’a fait le Maroc, ce qu’a fait le Sénégal. Donc on a vraiment du potentiel, il faut qu’on se décomplexe, il faut qu’on se fasse confiance et aujourd’hui. Mon intervention, ça sera sur les tendances modernes et puis l’implication qu’on doit avoir au niveau de la formation des jeunes parce que je suis persuadé qu’on est capable de former des grands joueurs. La preuve, ils jouent dans les meilleurs championnats. Aujourd’hui, il va falloir les utiliser à bon escient pour que nos équipes nationales dans nos fédérations soient aussi performantes sur le plan international.
Quelle perception avez-vous du football ivoirien ?
Le football ivoirien, depuis très longtemps, quand j’étais notamment au Maroc, je le voyais à travers les jeunes et aussi l’équipe première. C’est vraiment une machine de compétition avec des joueurs qui sont très complets à la fois sur le plan athlétique, sur le plan technique, sur le plan mental. Même au niveau des jeunes, on a toujours eu beaucoup de problèmes quand j’étais DTN au Maroc et même avec l’Académie Mohamed VI. À chaque fois qu’on rencontrait des équipes, soit l’équipe nationale, soit en club, on avait beaucoup de problèmes. On a essayé de se challenger contre le football ivoirien, sénégalais, camerounais, pour pouvoir élever notre niveau.
« En Afrique, on a une chance et aussi un inconvénient, c’est qu’on a beaucoup de joueurs binationaux qui sont formés en Europe… »
Malheureusement, les clubs ivoiriens ne sont plus aussi bien logés dans les compétitions continentales. Qu’est-ce qui justifie cela à votre avis?
Vous savez, les équipes nationales, c’est l’émanation de ce qui se passe dans les clubs. Aujourd’hui, ce sont les clubs qui ont la responsabilité de la formation. Si vous voulez avoir des clubs qui performent sur le plan continental, il faut que la formation en interne soit de très haut niveau. En Afrique, on a une chance et aussi un inconvénient, c’est qu’on a beaucoup de joueurs binationaux qui sont formés en Europe et on se contente d’aller chercher ces joueurs-là. Il faut absolument qu’on se concentre sur les joueurs en interne. C’est ce qu’a fait Sa Majesté le Roi Mohamed VI au Maroc, en créant l’académie qui porte son nom, en donnant la chance à des joueurs locaux de pouvoir aller performer au niveau des compétitions continentales avec leur club. Ce qui a été aussi un élément structurant pour nos équipes nationales. Concentrons-nous dans nos pays de développer notre football local pour pouvoir performer sur le plan continental avant d’aller chercher des compétitions internationales.
« La Côte d’Ivoire ira très loin »
Comment évaluez-vous les chances des Éléphants, dans la Coupe du monde 2026 où ils partagent la même poule ( E) que l’Allemagne, l’Équateur et Curaçao… Peuvent-ils sortir de ce groupe et réaliser un bon parcours à ce tournoi ?
Bien sûr qu’ils peuvent s’en sortir, surtout qu’aujourd’hui, avec le nombre d’équipes nationales qui participent à cette Coupe du Monde, avec huit troisième qui peuvent passer au deuxième tour, il y a des raisons en voyant les joueurs. J’ai suivi Kessié qui joue en Arabie Saoudite. C’est vraiment monstrueux ce qu’il fait avec son club Al Ahly. Il gagne sa deuxième Champions League et je pense que ça sera un élément moteur de cette équipe nationale. La Côte d’Ivoire a des bons joueurs dans toutes les lignes, donc je pense que cette équipe-là ira assez loin dans cette compétition.
« Le Maroc a ouvert au Qatar »
Peut-on parier sur le triomphe d’une équipe africaine à ce Mondial ?
Écoutez, le Maroc a ouvert la voie au Qatar. Aujourd’hui, avec le nombre de sélections africaines qui sont présentes à cette Coupe du Monde, oui, je pense que si on croit en nous, si on fait tous les efforts collectivement. Parce que parfois aussi la Coupe du Monde, pour nous les Africains, c’est une occasion de briller individuellement. Ce qui serait une grande erreur. L’important, c’est de mettre son potentiel au profit de l’équipe. Et je suis persuadé qu’on peut, au moins en quart de finale, voire demi-finale, trouver encore des équipes africaines.







