
Caravane nationale Jeunesse saine 2026/ Arsène Okobé, Directeur de la protection des jeunes: « Pour cette édition, l’objectif est de renforcer l’impact des actions de sensibilisation (…) avec une cible de 4 200 000»
Lemandatexpress – Deux mois après le lancement de la 13e édition de la Caravane nationale Jeunesse Saine à Abobo, Arsène Okobé, Directeur de la protection des jeunes au Ministère de la Promotion de la Jeunesse, de l’insertion professionnelle et du service Civique, revient sur les ambitions de cette initiative de sensibilisation. Dans une interview, il évoque les résultats enregistrés au fil des années, les nouveaux défis auxquels fait face la jeunesse ivoirienne et les objectifs de l’édition 2026.
L’opération caravane Jeunesse saine est à combien d’édition et pourquoi avoir initié une telle activité de sensibilisation ?
La campagne « Caravane Jeunesse Saine » est, à ce jour, à sa treizième édition. Elle a été initiée par le Ministère en charge de la Jeunesse en réponse à la persistance de défis majeurs affectant la jeunesse ivoirienne, notamment les grossesses précoces, les infections sexuellement transmissibles, dont le VIH, la consommation de substances psychoactives et les comportements à risque. Cette initiative s’inscrit dans une approche proactive de prévention, visant à rapprocher l’information fiable et les services de sensibilisation des jeunes, directement dans leurs espaces de vie. Elle a certes connu un début timide au cours des premières éditions mais il y a eu beaucoup d’amélioration au fil des ans.
Quels sont les partenaires qui accompagnent votre Ministère pour renforcer la portée de cette caravane?
La mise en œuvre de la caravane bénéficie de l’appui de partenaires techniques et financiers de premier plan, parmi lesquels l’UNFPA, l’UNICEF, l’ONUSIDA, ainsi que des organisations de la société civile et des structures nationales spécialisées dans la santé de la reproduction et la protection de la jeunesse. Cette synergie d’acteurs permet d’assurer une couverture élargie et une expertise multisectorielle.
Quels sont les retours de terrain après plusieurs éditions ?
Les retours de terrain sont globalement très encourageants. Les différentes éditions ont enregistré une forte mobilisation des jeunes, une participation active aux séances de sensibilisation et une adhésion progressive aux messages véhiculés. Les acteurs locaux, notamment les autorités administratives et communautaires, saluent également la pertinence de cette initiative qui contribue à renforcer la cohésion sociale et la responsabilisation des jeunes.
Avez-vous observé un changement de comportement mesurable depuis les éditions passées ?
Oui, des changements significatifs ont été observés, bien que progressifs. On note une amélioration du niveau de connaissance des jeunes sur les questions de santé sexuelle et reproductive, une augmentation du recours aux services de dépistage volontaire, ainsi qu’une prise de conscience accrue des risques liés à certains comportements. Par exemple l’Enquête Démographique de Santé Côte d’Ivoire (EDS-CI) 2021 a fait ressortir que le taux des jeunes femmes de 15-24 ans ayant une connaissance approfondie des moyens de prévention du VIH est passé de 16 à 29% entre 2012 et 2021 tandis que la part contributive des adolescentes de 15-19 ans à la vie procréative a chuté de 129‰ à 96‰ sur la même période. Toutefois, ces avancées nécessitent d’être consolidées dans la durée pour produire des effets durables à grande échelle.
Pour cette édition, quels sont les objectifs ?
Pour cette édition, l’objectif principal est de renforcer l’impact des actions de sensibilisation en touchant un plus grand nombre de jeunes, notamment dans les zones à forte vulnérabilité avec une cible de 4 200 000 aussi bien par les activités de routine qu’à travers les médias et réseaux sociaux, avec le soutien de nos partenaires de mise en œuvre. Il s’agit spécifiquement de promouvoir des comportements responsables, de prévenir les risques sanitaires et sociaux liés aux addictions, et de favoriser l’accès à des services adaptés en matière de santé et de bien-être des jeunes. A cet effet, nos équipes, soutenues par les services opérationnels de la Santé, sont sur le terrain depuis le lancement officiel opéré le 02 avril 2026 à la grande gare routière internationale d’Abobo. A l’occasion des festivités de « paquinou », des autres festivals mais également au cours du FEMUA, les interventions sont intensifiées en vue de maintenir la veille préventive chez les jeunes. Cette tendance sera maintenue tout le long de l’année.
Quels sont les nouveaux fléaux intégrés spécifiquement au programme de cette année ?
Cette édition intègre de manière spécifique de nouveaux enjeux émergents tels que l’addiction aux drogues de synthèse, l’usage abusif des réseaux sociaux, les violences basées sur le genre en milieu jeune, ainsi que les problématiques de santé mentale. Ces thématiques viennent enrichir le contenu de la caravane afin de mieux répondre aux réalités actuelles auxquelles la jeunesse est confrontée.
À long terme, quelle est l’ambition ultime de cette opération : devenir un programme permanent au sein des établissements scolaires ou rester un événement itinérant ?
À long terme, l’ambition du Ministère est d’inscrire la « Caravane Jeunesse Saine » dans une dynamique pérenne, en évoluant progressivement vers un programme structuré et intégré au sein des établissements scolaires et des Institutions socio-éducatives. Toutefois, le caractère itinérant sera maintenu afin de garantir une couverture nationale inclusive, notamment en direction des jeunes hors du système scolaire.
Abran Saliho avec Sercom







