
Gestion des déchets à Abidjan : Après l’ultimatum des 72 heures, Amedé Kouakou annonce de nouvelles infrastructures à Kossihouen
Lemandatexpresd – Le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Amédé Koffi Kouakou, a inspecté ce jeudi 05 juin 2026 le Centre de Valorisation et d’Enfouissement Technique (CVET) de Kossihouen. Cette visite intervient au terme de l’ultimatum de 72 heures fixé aux opérateurs pour nettoyer Abidjan, alors que la capitale économique faisait face à une crise de gestion des ordures ménagères accentuée par les pluies.
Après une seancde travail d’une trentaine de minutes avec les responsables de Clean Eburnie, Ecoti et Eco Eburnie, suivie d’une inspection du site, le ministre a exprimé sa satisfaction face à la réactivité des équipes. En seulement 3 jours, les opérateurs ont réussi à acheminer environ 16 000 tonnes de déchets vers le centre de traitement, désengorgeant ainsi les rues de la métropole.
Revenant sur l’urgence de la situation, Amedé Kouakou a rappelé la pression sanitaire qui pesait sur la ville. « Nous sommes en saison de pluie, si les déchets restent en ville, ça peut créer des problèmes de maladie pour la population. Nous avons échangé avec monsieur le Premier ministre, qui nous a instruit de demander aux opérateurs que dans 72 heures, Abidjan soit propre », a-t-il souligné.

Grâce à cette mobilisation, le premier responsable de la Salubrité a constaté une nette amélioration de la situation globale, tout en restant lucide sur le travail restant à accomplir. « Depuis hier nuit, il n’y a pas de gros déchets dans la ville d’Abidjan », a-t-il salué, avant de préciser : « Je ne veux pas dire que dans certains quartiers, il n’y a rien, rien du tout, mais je veux dire que dans les grandes masses, aujourd’hui, Abidjan est propre ».
Au-delà du constat de fin de crise, le membre du gouvernement a tenu à expliquer les raisons structurelles de ce ralentissement de la collecte. À l’en croire, le site de Kossihouen fait face à une saturation précoce en raison d’un volume de déchets deux fois supérieur aux prévisions initiales.
En 6 ans, le centre a en effet accueilli 10 millions de tonnes de détritus au lieu des 4,5 millions initialement attendus. « Les espaces de stockage qui avaient été prévus ont été très vite dépassés », a révélé le ministre, insistant sur le fait que la fluidité de la collecte à Abidjan dépend directement de la capacité d’accueil du centre de Kossihouen : « Si on n’a pas d’espace pour stocker les ordures ici, évidemment, on ne peut pas les ramasser à Abidjan. Donc c’est la clé ».

Pour résoudre durablement cette problématique et éviter de nouveaux goulots d’étranglement, le gouvernement a validé la construction en urgence de casiers de stockage temporaires, en attendant la livraison définitive du casier numéro 3. À long terme, la feuille de route de l’exécutif prévoit de dépasser le simple stade de l’enfouissement pour entrer dans une phase active d’économie circulaire.
Après avoir réussi le défi de la fermeture de l’ancienne décharge d’Akouédo, le ministre a réaffirmé son ambition de transformer ces nuisances en ressources. « Dans les déchets, on a le gaz, le méthane, le CH4 qu’on peut prendre pour produire de l’électricité. Nous allons continuer pour que dans les prochaines phases qui vont venir dans quelques années, la valorisation puisse être faite », a-t-il fait remarquer.
Zéphirin Gohia







