
Santé, emploi, climat: L’Unicef et WIRI choisissent le vélo pour la jeunesse
Faire du vélo un véritable moteur de développement pour la Côte d’Ivoire. C’est la conviction portée par les participants au panel de restitution des résultats du sondage U-Report sur le vélo, le climat et la santé des jeunes, organisé le 26 juin au siège de l’UNICEF à Abidjan par WIRI, en partenariat avec l’UNICEF Côte d’Ivoire.
Experts, représentants de l’État, partenaires techniques, organisations de la société civile et jeunes leaders ont plaidé pour une mobilité plus durable, au service de la santé, de l’emploi et de la lutte contre les changements climatiques.
Au cœur des échanges, les résultats d’une consultation ayant mobilisé 5 136 jeunes à travers la plateforme U-Report. Plus de la moitié des répondants affirment utiliser régulièrement le vélo et le considèrent comme un moyen de transport bénéfique pour leur santé, leur bien-être et la protection de l’environnement.

Pour le représentant de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, Jean-François Basse, cette forte participation illustre la volonté des jeunes d’être associés aux décisions qui concernent leur avenir. « Nous ne sommes pas réunis uniquement pour parler du vélo. Nous sommes réunis pour écouter ce que les jeunes ont à nous dire sur leur environnement, leur santé et leurs conditions de mobilité », a-t-il déclaré.
Selon lui, la mobilité dépasse la simple question des déplacements. Elle conditionne l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à la formation, à l’emploi et aux opportunités économiques. Le vélo apparaît ainsi comme une solution accessible, économique et écologique, capable de réduire les inégalités, notamment dans les zones rurales et périurbaines, tout en renforçant l’autonomie des jeunes, en particulier celle des filles.
L’UNICEF a également insisté sur les liens étroits entre mobilité active et santé mentale. La pratique régulière du vélo contribue à réduire le stress, améliore l’estime de soi et favorise le bien-être général. Pour Jean-François Basse, ces enjeux doivent être davantage intégrés aux politiques publiques dans les domaines de la santé, de l’éducation, des transports et de l’urbanisme.
La rencontre a aussi été marquée par la keynote de Yasmine sur les « quatre dividendes de la mobilité verte ». Selon elle, investir dans les déplacements durables permet de créer des emplois, de renforcer la santé des populations, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’offrir davantage d’opportunités à la jeunesse.
Les experts du Programme national de santé mentale ont, pour leur part, rappelé que le vélo émet jusqu’à 92 % de CO₂ de moins que la voiture et nécessite trois fois moins d’espace urbain. S’appuyant sur les expériences du Rwanda, du Sénégal, du Bénin, du Togo et de l’Éthiopie, les intervenants ont démontré que des modèles africains existent déjà.
Alors que la Côte d’Ivoire investit dans le BRT, le Métro d’Abidjan et le renforcement de la SOTRA, les participants estiment que le développement d’un réseau cyclable constitue désormais une étape incontournable. Tous ont lancé un même appel : faire de la mobilité verte un investissement stratégique pour bâtir des villes plus inclusives, plus résilientes et tournées vers l’avenir.
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Sidoine Koffi






