Présidence de la FIF : le retrait de Malick Tohé, une bombe à retardement pour Idriss Diallo ?
Déterminé à contester la suprématie du président sortant, Idriss Diallo, lors de la prochaine Assemblée générale élective de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Malick Tohé a finalement renoncé à son ambition. Un revirement qui a surpris plus d’un observateur.
Ce qui s’annonçait comme un véritable duel au sommet ou « le gnaga national », selon la formule employée par Idriss Diallo, n’aura finalement pas lieu. Sans même déposer officiellement sa candidature, le premier vice-président de la FIF a abandonné son projet de briguer la présidence. Selon plusieurs sources, des négociations menées au plus haut niveau ( par des ministres) auraient favorisé un accord entre les deux hommes.
Ce retrait réduit considérablement le suspense entourant le scrutin prévu le 12 septembre prochain à Yamoussoukro. Avec le rapprochement des deux poids lourds du football ivoirien, il paraît difficile d’imaginer l’autre candidat déclaré, Souleymane Cissé, renverser cette nouvelle dynamique.
Si l’élection semble désormais jouée, le véritable enjeu résidera dans la cohabitation entre Idriss Diallo et Malick Tohé au cours du prochain mandat. Car une fois le scrutin passé, encore faudra-t-il respecter les engagements conclus entre les deux camps.
Selon des informations concordantes, les vingt sièges du Comité exécutif seraient répartis à parts égales entre les deux sensibilités, soit dix représentants chacun. Les deux dirigeants disposeraient également d’une signature conjointe sur les principaux documents officiels. Mieux, le poste de directeur exécutif reviendrait au camp de Malick Tohé, qui pourrait également proposer un adjoint au président de la Ligue de football professionnel.
Le poids politique de Malick Tohé
Autant de concessions qui renforceraient considérablement le poids politique du premier vice-président, au point que certains observateurs y voient les attributs d’un « président bis », un grain de sable dans les rouages.
Cet accord pourrait peser durablement sur le prochain mandat fédéral. En obtenant d’importantes garanties avant même l’élection, Malick Tohé s’imposerait comme un acteur incontournable de la gouvernance de la FIF. Cette cogestion annoncée pourrait constituer un véritable défi pour Idriss Diallo, appelé à composer avec un partenaire doté d’une influence significative.
Pour le président sortant, ce compromis serait le prix à payer afin d’éviter une confrontation électorale dont l’issue demeurait incertaine. Certains y voient également une stratégie destinée à préserver ses ambitions sur la scène continentale, notamment en vue d’une éventuelle candidature à des responsabilités au sein de la Confédération africaine de football (CAF). Il s’agit toutefois d’une analyse largement relayée dans le milieu du football, sans confirmation officielle.
La gouvernance future de la FIF
Selon plusieurs sources, les relations entre les deux hommes étaient déjà marquées par des tensions au cours du précédent mandat. Lors d’une réunion du Comité exécutif, Malick Tohé aurait rappelé le rôle qu’il estime avoir joué dans l’accession d’Idriss Diallo à la présidence, notamment sur les plans financier et organisationnel. Malgré le remboursement de son apport financier, le premier vice-président se serait toujours considéré comme un partenaire de premier plan plutôt que comme un simple collaborateur. Leur entente affichée n’aurait donc pas toujours reflété la réalité de leurs rapports. Ce qui expliquerait d’ailleurs l’ambition de candidater de Malick Tohé.
Le président du CO Korhogo portait également un projet axé sur le développement du football local, un secteur qu’il estime insuffisamment valorisé au profit de la sélection nationale. Reste à savoir si le nouvel équilibre issu de cet accord lui permettra de concrétiser cette vision.
Au-delà des considérations sportives, cet accord soulève de nombreuses interrogations sur la gouvernance future de la FIF. Avec des engagements aussi importants consentis avant même l’élection, Idriss Diallo pourra-t-il conduire sereinement son projet de mandat ? La réponse dépendra de la capacité des deux hommes à faire vivre cette alliance. À défaut, ce compromis pourrait bien se transformer en véritable bombe à retardement.
Martial Galé






