Invitée, mardi 15 septembre 2026, de la tribune « Les vendredis de l’OIDH », Simone Gbagbo a présenté la vision de son mouvement pour la réforme de l’organe électoral ivoirien. Elle propose une structure composée exclusivement de personnalités indépendantes, sans représentants des partis politiques ni du gouvernement.
Quelle architecture pour garantir des élections crédibles et apaisées en Côte d’Ivoire ? La question était au cœur des échanges, mardi 15 septembre, au siège de l’Observatoire ivoirien des droits de l’Homme (OIDH), à l’occasion de la tribune « Les vendredis de l’OIDH ». Face aux participants, la présidente du Mouvement des générations capables (MGC), Simone Gbagbo, a défendu une proposition de réforme en profondeur du système électoral.
Pour l’ancienne Première dame, la priorité est de mettre en place une structure « effectivement indépendante ». Celle-ci ne devrait, selon elle, comprendre aucun représentant des partis politiques ni du gouvernement. Une exigence qu’elle justifie par la nécessité d’éviter que les formations politiques, qui présentent les candidats, soient à la fois « juges et parties ».
Le projet présenté prévoit la création d’un Haut conseil électoral de 13 membres. Il serait composé notamment de représentants des organisations professionnelles, des associations de défense des droits de l’Homme, de la chefferie traditionnelle, du patronat, des organisations de planteurs, des enseignants-chercheurs, du barreau, des médias et du corps syndical, auxquels s’ajouteraient deux experts électoraux.
Des critères stricts
Simone Gbagbo propose que les personnalités appelées à siéger répondent à des critères stricts notamment, être ivoiriennes, âgées d’au moins 36 ans, jouir de leurs droits civiques et politiques, avoir un casier judiciaire vierge et justifier d’au moins dix années d’expérience socioprofessionnelle. Elles ne devraient surtout « jamais avoir été membres d’un parti politique » ni avoir publiquement affiché leur sympathie pour une formation politique.
La sélection se ferait en plusieurs étapes. Une commission spéciale de l’Assemblée nationale, composée de représentants des différents groupes parlementaires, serait chargée d’examiner les candidatures, de mener les enquêtes nécessaires et de retenir une liste. Celle-ci serait ensuite rendue publique afin de permettre aux citoyens de réagir avant son adoption en plénière.
Le président de la République procéderait finalement à la nomination par décret. Pour Simone Gbagbo, cette formalité ne remettrait pas en cause l’indépendance de l’organe, dès lors que ses membres exerceraient leurs fonctions conformément aux pouvoirs que leur confère la loi.
Autre point majeur de la proposition : écarter les préfets et sous-préfets de l’organisation matérielle des élections. La sécurisation du processus resterait toutefois assurée par les forces de défense et de sécurité, à la demande du nouvel organe.
Pour Simone Gbagbo, cette réforme doit surtout permettre de restaurer la confiance des Ivoiriens dans le processus électoral et garantir des scrutins « justes », « transparents » et « sincères ».
Sidoine Koffi




