Mine d’or de Hiré : les populations bloquent les activités et exigent la libération de six détenus
Sur le site d’extraction aurifère du village de Bouakako, situé dans la forêt de Ditoula, les activités sont à l’arrêt. Révoltés, des hommes et des femmes ont investi la plateforme exploitée par Allied Gold, où ils ont notamment entrepris de planter des arbres fruitiers.
Entre la société aurifère et les populations locales, les relations sont tendues. À l’origine de ce climat délétère, l’emprisonnement, en 2024, de six fils du village, dont Jérémie Gnamini. Leur interpellation fait suite à un différend autour du parrainage nécessaire à l’obtention d’un agrément relatif aux activités d’extraction d’or, opposant un groupe de jeunes conduit par Gnamini Jérémie au premier responsable d’Allied Gold, le président-directeur général Jean-Claude Diplo.
Selon nos informations, la situation a pris une nouvelle tournure depuis le lundi 10 août. Ce jour-là, Nanan Christophe Komenan, ancien chef intérimaire du village, accompagné de chefs de terre et soutenu par la jeunesse, a décidé de bloquer toutes les activités d’extraction aurifère dans la zone de Hiré.
L’ultimatum des chefs
L’ancien chef estime que l’incarcération des six hommes a suffisamment duré, d’autant que, selon lui, les conclusions des enquêtes établiraient qu’il ne s’agit pas d’une affaire d’orpaillage illégal.
« Il n’y aura plus d’activités à la mine d’or tant que Jérémie Gnamini et nos cinq autres enfants seront en prison. Plus de 20 jeunes du village ont été licenciés et ont perdu leur emploi à la mine. Or, la convention qui existe entre nos villages et Allied Gold prévoit que cette société est censée employer en priorité les fils de Hiré. Mais aujourd’hui, nous assistons à des licenciements massifs », a déploré le chef.
Il précise que Jérémie Gnamini, Stéphane N’chaud, Marcel Blé, Jonas Akanza, Aimé Kouassi Digbeu et Zonga Lamine sont toujours détenus à Abidjan. « Alors, martèle-t-il, nous, chefs de terre et population de Hiré, réclamons la libération sans délai de nos enfants.»
Le plaidoyer de Catherine N’doua épouse Gnamini
Du côté de la jeunesse, la détermination reste intacte. Les jeunes entendent maintenir le mouvement et veiller à ce que les activités minières restent suspendues jusqu’à la libération des six détenus.
Mère de cinq enfants, l’épouse de Jérémie Gnamini appelle, de son côté, à la clémence des autorités ivoiriennes. Catherine N’doua épouse Gnamini sollicite notamment l’intervention des autorités judiciaires et du président de la République.
« Mon mari est détenu depuis deux ans à l’ex-MACA. Tout Hiré et moi-même réclamons sa libération. Je demande pardon au président de la République, SEM Alassane Ouattara, ainsi qu’aux autorités judiciaires, de se pencher sur le cas de mon mari, Jérémie Gnamini », plaide-t-elle.
Le calme à la place du bruit habituel
En attendant une éventuelle issue à cette crise, les machines qui devraient tourner à plein régime pour assurer les activités d’extraction aurifère restent à l’arrêt dans la forêt de Ditoula. Sur le site d’exploitation du village de Bouakako, le calme a désormais remplacé le bruit habituel des engins miniers.
Martial Galé






