Décès d’Alphonse Djédjé Mady : retour sur le parcours d’un grand serviteur de l’État et du PDCI-RDA
La Côte d’Ivoire est en deuil. Le professeur Alphonse Djédjé Mady, figure historique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), est décédé dimanche 23 août 2026 à Abidjan, à l’âge de 81 ans. Sa disparition marque la fin d’un long parcours consacré à la médecine, à l’enseignement, à la politique et au service public. Alors, qui est Alphonse Djédjé Mady?
Né en 1945 à Gazehio, dans la région du Haut-Sassandra, Alphonse Djédjé Mady s’est très tôt engagé dans la vie publique. Son parcours politique commence notamment au sein du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (MEECI), dont il devient président national entre 1973 et 1975. Cette expérience militante va constituer le socle d’une carrière politique qui s’étendra sur plusieurs décennies.
Du médecin au ministre
Avant de s’imposer sur la scène politique, Alphonse Djédjé Mady avait choisi la médecine. Devenu universitaire et professeur, il a construit une double réputation dans les milieux médical et politique. Cette formation scientifique et son expérience professionnelle l’ont progressivement conduit à exercer de hautes responsabilités au sein de l’État ivoirien.
Sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, il devient ministre de la Santé publique et de la Population, fonction qu’il exerce de 1983 à 1989 dans différents gouvernements. Pendant près de six années, il participe ainsi à la conduite de la politique sanitaire nationale, avant de poursuivre son engagement politique au sein du PDCI-RDA.
Une figure historique du PDCI-RDA
Au sein du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, Djédjé Mady gravit progressivement les différents échelons. Membre du Bureau politique et du Comité central, il devient secrétaire général adjoint chargé de la formation avant d’être nommé secrétaire général du PDCI-RDA en 2002. Il occupe cette fonction jusqu’en 2013 et s’impose comme l’une des voix importantes du parti.
Son influence dépasse alors les structures du parti. Entre 2005 et 2013, il préside le Directoire du RHDP, participant à plusieurs grandes séquences de la vie politique ivoirienne. À la veille de l’élection présidentielle de 2010, il joue également un rôle important auprès du candidat du PDCI, Henri Konan Bédié, dont il dirige la campagne. Son nom restera ainsi associé aux grandes batailles politiques du parti au cours des années 2000 et 2010.
Le Haut-Sassandra, un autre parcours d’engagement
L’attachement d’Alphonse Djédjé Mady à sa région natale constitue un autre aspect majeur de son parcours. Élu premier président du Conseil régional du Haut-Sassandra en juin 2013, il prend la tête de cette collectivité nouvellement installée et s’attache à promouvoir le développement local, la cohésion sociale et les infrastructures. Le Conseil régional du Haut-Sassandra confirme qu’il a présidé l’institution jusqu’au 22 septembre 2023.
Durant ses deux mandats à la tête de la région, il défend notamment des projets liés à l’agriculture, à la transformation des productions locales, aux infrastructures scolaires et sanitaires, ainsi qu’à la promotion de la culture et de l’artisanat. Son action régionale a contribué à renforcer son ancrage auprès des populations du Haut-Sassandra.
Après avoir perdu la présidence du Conseil régional lors des élections de septembre 2023 face à Mamadou Touré, Alphonse Djédjé Mady s’est progressivement retiré des premières lignes de la compétition électorale. Celui qui avait également exercé plusieurs mandats parlementaires, notamment dans les circonscriptions d’Issia et de Saïoua, laisse derrière lui l’image d’un homme politique de longue expérience.
Sa disparition suscite déjà de nombreux hommages, notamment dans le Haut-Sassandra. Le président du Conseil régional, Mamadou Touré, a salué la mémoire d’un « grand serviteur » de la Côte d’Ivoire, profondément attaché à sa région et à ses populations. Il a également rappelé que Djédjé Mady avait exercé la présidence du Conseil régional avec « engagement et dévouement ».
Au-delà des clivages politiques, Alphonse Djédjé Mady aura marqué plusieurs générations par la diversité de ses responsabilités : médecin, universitaire, ministre, député, maire, président de Conseil régional et haut responsable du PDCI-RDA. Son itinéraire, qui épouse plusieurs décennies de l’histoire politique ivoirienne, fait de lui une personnalité dont l’empreinte dépasse largement les rangs de son parti. Sa disparition ouvre désormais une période de recueillement autour de la mémoire d’un homme qui aura consacré une grande partie de sa vie au service de l’État, de la Côte d’Ivoire et du Haut-Sassandra.
Kouassi N’Goran







