Décès de Djédjé Mady : un 3e coup dur pour le PDCI à l’Ouest, en moins d’un an!
Le décès, ce dimanche 23 août 2026, du professeur Alphonse Djédjé Mady vient alourdir le deuil qui frappe le PDCI-RDA dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire. À 81 ans, l’ancien secrétaire général du parti rejoint deux autres figures majeures de la formation octogénaire, Léopoldine Tiézan Coffie et Émile Constant Bombet, disparues elles aussi au cours des derniers mois.
Au-delà de la douleur familiale, la disparition de Djédjé Mady revêt une dimension politique particulière. Elle intervient quelques mois seulement après celle de Léopoldine Tiézan Coffie, le 5 février 2026, et un mois jour pour jour après celle d’Émile Constant Bombet, décédé le 22 juillet dernier à l’âge de 85 ans. Trois disparitions qui privent le PDCI-RDA de personnalités ayant, chacune à leur manière, occupé une place importante dans l’implantation, l’animation et la transmission de la culture politique du parti dans différentes zones du pays.
Djédjé Mady, une longue histoire avec le PDCI
Avec Alphonse Djédjé Mady, c’est un pan important de l’histoire du PDCI-RDA qui disparaît. Médecin, universitaire et ancien ministre de la Santé sous Félix Houphouët-Boigny, il a consacré plusieurs décennies à la vie publique ivoirienne. Au sein du parti, il a notamment occupé le poste stratégique de secrétaire général de 2002 à 2013, avant de devenir vice-président. Il a également dirigé la campagne d’Henri Konan Bédié lors de l’élection présidentielle de 2010.
Son influence ne s’est toutefois pas limitée aux instances nationales. Député de Saïoua puis président du Conseil régional du Haut-Sassandra de 2013 à 2023, Djédjé Mady constituait l’une des principales figures politiques du centre-ouest. Son ancrage territorial, son expérience gouvernementale et sa longue présence au sommet du PDCI en avaient fait un interlocuteur incontournable dans cette partie du pays.
Bombet, le poids d’un homme d’État
Un mois avant lui, Émile Constant Bombet disparaissait à 85 ans. Figure historique du PDCI, il appartenait à cette génération de hauts responsables qui ont accompagné les premières grandes étapes de la construction administrative et politique de la Côte d’Ivoire.
Ancien officier supérieur, il avait été nommé ministre de l’Intérieur et de la Sécurité en 1990 par Félix Houphouët-Boigny, avant de conserver ce portefeuille sous Henri Konan Bédié. Il deviendra ensuite ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, jusqu’au coup d’État de décembre 1999. Au sein du PDCI-RDA, il occupait encore récemment les fonctions de vice-président et de coordonnateur des activités des vice-présidents.
Délégué dans la région de l’ouest, il fut un homme rompu aux rouages de l’État, mais également d’un cadre expérimenté dont la parole comptait dans les grandes séquences de la vie du PDCI.
Léopoldine Coffie, la voix des femmes
Quelques mois plus tôt, c’est Léopoldine Tiézan Coffie qui s’éteignait, le 5 février. Vice-présidente du PDCI-RDA et coordonnatrice générale du comité politique du parti pour sept régions du centre-ouest et du sud-ouest, elle occupait une position stratégique dans l’appareil partisan. Fille de la Maraboué, elle avait également été la première présidente de l’Union des femmes du PDCI-RDA.
Décrite comme une figure discrète mais influente, Léopoldine Koffi représentait une génération de militantes et de responsables qui avaient construit leur légitimité dans la durée, au contact des structures de base et des populations. Son rôle dans l’encadrement politique des régions du centre-ouest et du sud-ouest faisait d’elle l’un des relais importants du parti sur le terrain. À l’occasion de ses obsèques, les sept régions Gouro et la région du Lôh-Djiboua lui ont rendu hommage, le 5 mars à Gonaté.
Un vide difficile à combler
Avec ces trois décès, le PDCI-RDA perd donc davantage que trois noms. Il voit disparaître trois personnalités qui incarnaient des formes différentes de son histoire : l’homme d’État et stratège politique avec Bombet, la responsable de terrain et représentante des femmes avec Léopoldine Coffie, et le cadre politique de premier plan, universitaire et ancien secrétaire général avec Djédjé Mady.
Leur disparition pose surtout la question de la transmission. Dans une formation politique qui peine à écrire une nouvelle page de son histoire, la perte successive de responsables ayant connu les différentes époques du parti crée un déficit d’expérience et de mémoire politique. Tous trois avaient en commun une longue connaissance de l’appareil, de ses hommes, de ses méthodes et de ses territoires.
Pour le PDCI-RDA, le défi sera désormais de faire vivre cet héritage tout en renouvelant ses cadres. Car derrière les hommages et les condoléances se dessine une réalité : dans le centre-ouest comme dans les autres bastions historiques du parti, une génération de figures tutélaires s’efface progressivement. Et avec elle disparaissent des voix, des réseaux, une mémoire et une capacité d’influence dont la relève devra désormais assurer la continuité.
Martial Galé






