Musique : « Ils paradent dans des voitures à des coûts faramineux alors que… », Meiway conscientise la jeune génération d’artistes ivoiriens
Dans une déclaration sur son investissement économique, Frédéric Ehui Meiway, artiste à succès et créateur du concept Zoblazo, donne une véritablement leçon de vie aux artistes de la nouvelle génération.
Figure majeure de la musique ivoirienne, le créateur du Zoblazo revient sur la manière dont il a géré ses premiers revenus et construit, au fil des années, une certaine stabilité financière. Une expérience qu’il oppose aux comportements de certains jeunes artistes, davantage préoccupés par l’affichage d’un train de vie luxueux que par la constitution d’un patrimoine.
« Mon tout premier investissement a été de mettre ma famille à l’abri », confie-t-il. Son père, qu’il décrit comme « le pilier de notre famille », est décédé en 1988, soit un an avant la sortie de son premier album, qui connaîtra le succès en 1989. À cette époque, sa mère n’était pas encore propriétaire.
Lorsque les premiers revenus de sa carrière commencent à arriver, il choisit donc de penser d’abord aux siens. « Quand j’ai commencé à gagner de l’argent, mon tout premier investissement a d’abord été de penser à ma famille : ma mère, mes sœurs et feu mon petit frère », explique-t-il.
Il achète alors un terrain et fait construire une maison pour sa famille. « J’ai d’abord voulu mettre ma famille à l’abri avant de penser à moi », poursuit-il.
Construire avant d’afficher sa réussite
Cette approche tranche avec ce qu’il observe aujourd’hui dans le milieu artistique. Pour lui, les premiers revenus devraient servir à poser les bases d’une sécurité financière plutôt qu’à afficher immédiatement les signes extérieurs de richesse.
Sa première maison personnelle, achetée et aménagée à son goût, sera intégrée en 1999, soit dix ans après le début de sa carrière. Il affirme également avoir réalisé d’autres investissements à Abidjan et à Bassam.
Mais l’essentiel de son message n’est pas de dresser l’inventaire de ses biens. Il insiste plutôt sur la nécessité de savoir établir des priorités. « Je ne vais pas étaler tous mes biens ici ; c’est juste pour dire que, dans toute activité, il y a des priorités. Il faut toujours commencer par le début et non par la fin », souligne-t-il.
Cette philosophie explique également son rapport au luxe. « Vivre à l’américaine, rouler dans des voitures bling-bling n’a pas été ma priorité, et cela jusqu’à aujourd’hui », affirme-t-il.
« Ils paradent » mais sont encore locataires
C’est à ce niveau que son message à la nouvelle génération prend tout son sens. L’artiste dénonce une course au paraître qui peut, selon lui, fragiliser financièrement certains jeunes talents.
« Il y en a qui paradent en ville dans des voitures à des coûts faramineux alors qu’ils sont encore locataires, avec parfois même des arriérés de paiement », déplore-t-il.
Pour le chanteur, afficher une voiture de luxe tout en étant incapable de s’assurer un toit ou de régler ses charges traduit une mauvaise hiérarchisation des priorités. Il encourage donc les jeunes artistes à penser d’abord à leur avenir et à transformer leurs revenus en investissements durables.
Lui-même dit avoir privilégié la simplicité et les concessions plutôt que l’ostentation. « J’ai toujours voulu rester humain, faire des concessions avant de me jouer la star », confie-t-il. Une discipline qui lui aurait permis de réaliser des investissements lui assurant aujourd’hui une certaine stabilité.
« Vaut mieux marcher que courir »
Son conseil à la jeune génération tient finalement en une formule : « Vaut mieux marcher que courir. Celui qui marche a moins de chance de trébucher. »
À travers cette déclaration, il invite les artistes à ne pas confondre succès et richesse, ni visibilité et réussite financière. Pour lui, la véritable performance consiste aussi à savoir préserver ses acquis, investir intelligemment et construire progressivement son patrimoine.
Une leçon de patience et de responsabilité financière qui prend tout son relief à l’heure où les signes extérieurs de richesse occupent une place importante dans l’univers artistique.
M. Galé






