Côte d’Ivoire : Koné Katinan placé sous mandat de dépôt après son passage devant le parquet
Le bras de fer judiciaire se durcit autour de Justin Koné Katinan. Le quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a été placé sous mandat de dépôt, vendredi 11 septembre, à l’issue de sa présentation devant le parquet du tribunal de première instance d’Abidjan.
L’ancien ministre du Budget de Laurent Gbagbo est désormais poursuivi dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour plusieurs faits particulièrement graves. Le parquet lui reproche notamment des « actes terroristes », un « complot contre l’autorité de l’État » et une « participation à un mouvement insurrectionnel », en lien avec les troubles enregistrés durant la période électorale de 2025.
Selon le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Oumar Braman Koné, l’information judiciaire porte également sur des faits qualifiés d’« attentat contre l’autorité de l’État », d’« atteinte à l’ordre public », d’« apologie des crimes de meurtre », d’« attroupement armé et non armé », ainsi que de participation ou d’organisation d’une manifestation interdite ou non déclarée.
Le dossier comprend également des faits d’incendie volontaire de véhicule appartenant à autrui. Les faits visés auraient été commis à Abidjan ainsi que dans plusieurs autres localités du pays.
Une procédure qui s’ajoute à la plainte du RHDP
Cette nouvelle procédure intervient quelques jours après une plainte déposée par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Le parti au pouvoir avait saisi le procureur, le 7 septembre, pour des faits présumés de diffamation, d’injure par le biais d’un système d’information et de diffusion de fausses nouvelles.
Cette plainte fait suite aux déclarations de Koné Katinan, prononcées le 3 septembre à la tribune de son parti. Le dirigeant du PPA-CI avait notamment mis en cause le RHDP sur des questions liées à l’orpaillage clandestin, au trafic de drogue et au blanchiment d’argent.
Au terme de l’enquête, le procureur a demandé la transmission du procès-verbal en renseignement judiciaire, en vue d’une éventuelle saisine du tribunal correctionnel. Koné Katinan devra donc répondre séparément de ces accusations.
Le dossier des violences électorales relancé
Le parquet a par ailleurs ordonné que le responsable du PPA-CI soit entendu sur son éventuelle participation aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025.
Le procureur rappelle à ce sujet son avertissement du 24 octobre 2025, à la veille de l’élection présidentielle. Il avait alors assuré que les auteurs, complices et commanditaires des violences seraient recherchés et poursuivis, quelle que soit leur qualité.
La présidentielle du 25 octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara avec 89,77 % des suffrages, s’était déroulée dans un contexte tendu, marqué par des manifestations interdites et des affrontements dans plusieurs localités.
Du côté du PPA-CI, cette arrestation est perçue comme une nouvelle étape dans ce que le parti qualifie de « harcèlement » contre ses cadres. La formation de Laurent Gbagbo dénonce une instrumentalisation de la justice et réclame l’arrêt des poursuites.
M.G






