Paix et sécurité en Afrique de l’Ouest : La diplomatie de défense privilégiée

Lemandatexpress – Face à la multiplication des menaces sécuritaires en Afrique de l’Ouest, responsables de la défense, diplomates, chercheurs et partenaires internationaux appellent à privilégier une approche collective, préventive et fondée sur le dialogue.

Cette réflexion était au cœur d’un atelier organisé les 21 et 22 septembre 2026, à Abidjan, par le Centre de recherche politique d’Abidjan (CRPA), en collaboration avec le programme Sipodi de la Konrad-Adenauer-Stiftung, autour du thème « Diplomatie de la défense et de la paix ».

Une réponse qui dépasse le seul cadre militaire

Terrorisme, extrémisme violent, criminalité transfrontalière, trafics, circulation illicite des armes, tensions communautaires et conséquences du changement climatique constituent autant de défis auxquels les États de la sous-région sont confrontés.

Pour les participants, la diversité et l’imbrication de ces menaces rendent nécessaire une évolution des mécanismes de prévention et de gestion des crises. L’approche sécuritaire doit désormais associer les dimensions militaire, politique, diplomatique, économique, sociale et institutionnelle.

Représentant le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Jean Jacques Konadjé a insisté sur cette nécessité. « Les réponses aux défis sécuritaires ne peuvent être exclusivement militaires. Elles doivent également être politiques, diplomatiques, économiques, sociales et institutionnelles », a-t-il souligné.

Anticiper les crises et renforcer la confiance

Selon lui, la diplomatie de défense doit contribuer à anticiper les crises, à prévenir les tensions et à renforcer la confiance entre les États. Elle doit également faciliter la recherche de solutions concertées face aux menaces qui dépassent les frontières nationales.

Le directeur du CRPA, Dr César Flan Moquet, a, pour sa part, plaidé pour un décloisonnement des acteurs engagés dans la prévention et la gestion des questions sécuritaires. Il a relevé que la complexité des menaces actuelles brouille de plus en plus les frontières entre sécurité intérieure et défense.

« L’adressage des défis sécuritaires actuels exige une posture collaborative », a-t-il indiqué, appelant à une coopération accrue entre les secteurs de la défense, de la sécurité et de la diplomatie, mais également avec le monde universitaire et la société civile.

Maintenir le dialogue entre les États

Le chargé d’affaires allemand, Luka Schneider, a inscrit les échanges dans une perspective internationale. Il a notamment insisté sur l’importance du maintien des contacts techniques entre les pays voisins, en particulier dans le domaine de la gestion des frontières.

Évoquant également l’évolution de la doctrine allemande dans le contexte de la guerre en Ukraine, il a cité les nouveaux défis liés aux cyberattaques, au sabotage et aux menaces hybrides. « Notre objectif est de favoriser la coopération régionale, le dialogue et la création de confiance entre les différents acteurs », a-t-il déclaré.

Au terme des travaux, les participants sont appelés à formuler des pistes concrètes de coopération. Pour les organisateurs, l’objectif est de faire de la diplomatie de défense un instrument de dialogue entre les États, mais aussi un moyen de prévention des crises et de consolidation durable de la paix en Afrique de l’Ouest.

Kouassi N’Goran

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