Côte d’Ivoire : Meyliet Koné – Beugré Mambé-Téné Birahima Ouattara, les nouveaux relais d’Alassane Ouattara au sommet de l’État

Lemandatexpress – Le chef de l’État ivoirien dispose désormais de trois principaux relais au sommet de l’exécutif. Entre le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, le Premier ministre Robert Beugré Mambé et le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, les rôles semblent progressivement se préciser, avec une même proximité affichée autour du président Alassane Ouattara.

Depuis sa nomination comme vice-Premier ministre, Téné Birahima Ouattara a vu son poids s’accroître au sein de l’exécutif. Le frère cadet du président, qui dirige le stratégique ministère de la Défense depuis 2021, occupe désormais une place plus importante dans l’architecture du pouvoir ivoirien.

Promu vice-Premier ministre le 23 janvier 2026, Téné Birahima Ouattara est devenu numéro deux du gouvernement. Il conserve ses responsabilités dans le domaine de la défense et de la sécurité, tout en étant désormais associé à plusieurs mécanismes de décision au sommet de l’État.

Selon Jeune Afrique, le vice-Premier ministre est désormais membre de plein droit des conseils présidentiels, ces réunions qui se tiennent avant les conseils des ministres et au cours desquelles sont examinés les dossiers les plus sensibles. Aux côtés du président et du vice-président, il participe ainsi aux arbitrages du premier cercle.

Sur les questions économiques, Tiémoko Meyliet Koné conserve toutefois un rôle central. Le vice-président, ancien gouverneur de la BCEAO, dispose d’une expérience qui lui confère une stature particulière au sein de l’exécutif. Son rang constitutionnel de numéro deux de l’État renforce également cette position.

Trois fonctions, trois profils

La répartition des rôles apparaît relativement claire. Robert Beugré Mambé demeure avant tout l’homme du gouvernement. Depuis sa nomination à la Primature en octobre 2023, il assure la conduite de l’action gouvernementale et reste particulièrement présent sur le terrain.

Téné Birahima Ouattara, lui, demeure principalement associé aux questions de défense et de sécurité. Sa promotion au poste de vice-Premier ministre est intervenue après plusieurs années à la tête du ministère de la Défense. Le président Alassane Ouattara avait notamment justifié cette promotion par les résultats obtenus dans la modernisation et la transformation des forces armées.

Tiémoko Meyliet Koné cumule pour sa part les dimensions institutionnelle, économique et diplomatique. Fin août, il était ainsi à Luanda, en Angola, dans le cadre d’une séquence diplomatique liée à une session extraordinaire de l’Union africaine.

Dans cette nouvelle configuration, l’arrivée de Téné Birahima Ouattara au rang de vice-Premier ministre n’a cependant pas bouleversé la hiérarchie gouvernementale. Un décret pris en mars 2026 maintient Robert Beugré Mambé à la tête du gouvernement, avec Téné Birahima Ouattara comme deuxième et suppléant en cas d’empêchement.

Technocrates plutôt que politiques

Jeune Afrique relève également que ce trio autour du chef de l’État illustre la place accordée par Alassane Ouattara à des profils disposant d’une solide expérience administrative et institutionnelle.

Le vice-président Tiémoko Meyliet Koné, le Premier ministre Robert Beugré Mambé et Téné Birahima Ouattara ont en effet construit leur parcours dans des fonctions techniques et gouvernementales avant d’accéder à leurs responsabilités actuelles.

Le magazine rapporte notamment l’analyse d’Arthur Banga, chercheur à l’université Félix-Houphouët-Boigny, selon laquelle le président privilégierait la maîtrise des dossiers dans le choix de ses principaux collaborateurs.

Les relations entre les trois hommes sont également décrites comme fluides. Cette proximité serait particulièrement visible entre Tiémoko Meyliet Koné et Téné Birahima Ouattara. Le vice-président connaît la famille Ouattara depuis plusieurs décennies, notamment depuis son passage à la BCEAO, où il avait côtoyé Alassane Ouattara.

Une ascension qui élargit le rôle de Téné Birahima Ouattara

La nouvelle fonction de Téné Birahima Ouattara s’accompagne aussi d’une plus grande exposition publique. Longtemps présent dans des postes importants mais relativement éloignés des projecteurs, il est désormais appelé à multiplier les apparitions officielles.

Sa campagne pour les législatives de décembre 2025, dans la commune d’Abobo, avait déjà contribué à accroître sa visibilité politique. Son élection comme député s’ajoute désormais à ses fonctions gouvernementales. En plus de ses apparitions publiques encore fréquentes, son épouse Aminata Ouattara qui était toute aussi discrète, que lui, a dû se montrer au public.

Le vice-Premier ministre est par ailleurs devenu l’un des représentants du chef de l’État lors de certaines rencontres internationales. La preuve, à Libreville, le 17 août dernier, il a notamment pris part aux célébrations de la fête nationale gabonaise à l’invitation du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Quels équilibres pour la suite ?

Derrière cette organisation de l’exécutif se pose néanmoins la question des équilibres futurs. La montée en puissance de Téné Birahima Ouattara alimente notamment les interrogations autour de son avenir politique.

Le magazine rappelle que le statut et les responsabilités du vice-président Tiémoko Meyliet Koné sont également au cœur de certaines interrogations institutionnelles depuis la réélection d’Alassane Ouattara en octobre 2025.

La question de la succession du chef de l’État reste, elle aussi, un sujet suivi de près dans le paysage politique ivoirien. Les nouvelles responsabilités confiées à Téné Birahima Ouattara ont ainsi suscité diverses lectures, aussi bien au sein du pouvoir que dans l’opposition.

Jeune Afrique rapporte notamment les critiques de certains responsables de l’opposition, qui dénoncent la place croissante occupée par Téné Birahima Ouattara dans l’appareil d’État. D’autres acteurs politiques s’interrogent sur l’éventualité de le voir porter, à terme, les couleurs du RHDP.

Pour l’heure, aucune candidature à la présidentielle de 2030 n’est évoquée officiellement par Téné Birahima Ouattara. Mais sa nouvelle position, son mandat de député d’Abobo et son rôle accru au sein de l’exécutif contribuent à renforcer sa visibilité politique.

Ainsi, à quelques années de la prochaine présidentielle, le pouvoir ivoirien repose aujourd’hui sur une organisation autour de trois figures : Tiémoko Meyliet Koné, qui conserve un rôle institutionnel, économique et diplomatique majeur ; Robert Beugré Mambé, chargé de conduire l’action gouvernementale ; et Téné Birahima Ouattara, dont les responsabilités s’étendent désormais bien au-delà du seul portefeuille de la Défense. Face à ces distributions de responsabilités, la véritable personne qui en profite est bien le président Ouattara. Chacun d’eux profite de ses territoire, ses réseaux sans remettre en cause l’autorité du chef. Néanmoins, ce trio dont dispose le chef de l’État bien que positif aujourd’hui, pourrait à la veille de 2030, devenir un embarras d’une tout autre nature, celui qui sera son choix pour porter les couleurs du RHDP, à l’élection présidentielle de 2030.

Abran Saliho avec Jeune Afrique

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