La détermination des autorités ivoiriennes à mettre un terme à l’orpaillage illégal se traduit désormais par des moyens conséquents. Ce mercredi 30 septembre 2026, à la caserne d’Agban, le gouvernement a procédé à la remise officielle de matériels roulants, de moyens de navigation et d’équipements de renseignement aux forces engagées dans cette lutte. Une dotation destinée à renforcer leur mobilité, leur capacité de surveillance et leur efficacité opérationnelle sur le terrain.
Présidée par le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, la cérémonie marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de lutte contre ce phénomène devenu, au fil des années, une préoccupation de sécurité nationale. « L’État ivoirien a adopté la posture de la fermeté et est désormais déterminé à éradiquer la pratique de l’orpaillage illégal sur toute l’étendue du territoire national », a déclaré le ministre.
Au-delà de l’exploitation clandestine des ressources minières, l’orpaillage illégal constitue, selon les autorités, une menace pour la sécurité des populations, l’environnement, les terres agricoles et les ressources en eau. Face à cette situation, le Conseil national de sécurité (CNS) a décidé de renforcer considérablement les capacités des unités engagées dans les opérations.
Des moyens pour passer à une nouvelle phase
Le secrétaire exécutif du CNS, Fidèle Sarassoro, a rappelé les résultats obtenus par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), créé en 2021. Plus de 1 000 sites auraient été déguerpis, 4 665 individus déférés, tandis que 745 perceuses ainsi que d’importantes quantités d’or ont été saisies.
Mais face au regain d’activité observé sur certains sites, le dispositif est appelé à monter en puissance. Au total, le CNS a commandé 48 véhicules pick-up, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, 35 drones et 10 GPS. Une première dotation comprend notamment 30 pick-up, 35 véhicules de transport de troupes, 300 motos, 12 zodiacs et des drones.
Pour Téné Birahima Ouattara, ces équipements devront améliorer la mobilité des forces, la surveillance des zones sensibles, les interventions et surtout la collecte et l’exploitation du renseignement. Il a également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les forces de défense et de sécurité, les autorités locales et les populations.
Les préfets au cœur du dispositif
La nouvelle stratégie place désormais les préfets au centre de la coordination des opérations. Porte-parole des bénéficiaires, le préfet de la région de l’Indénié-Djuablin, Kouadio Kouassi Eugène, a rappelé que cette responsabilité découle des recommandations de l’atelier national de concertation organisé les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro.
Sous l’autorité des préfets, il s’agira notamment d’actualiser la cartographie des sites clandestins grâce aux drones et au renseignement recueilli auprès des communautés, puis de planifier des opérations de déguerpissement et de surveillance, de jour comme de nuit, sur les terres et les cours d’eau.
Fort de ces nouveaux moyens, le corps préfectoral a réaffirmé son engagement à éradiquer l’orpaillage illégal dans un délai de six mois à compter du 30 septembre 2026. Un délai que le préfet Kouadio Kouassi Eugène a lui-même jugé, dans une boutade, « beaucoup trop long ».
La bataille est donc désormais engagée sur tous les fronts, avec un mot d’ordre clairement affiché : tolérance zéro face à l’orpaillage illégal.
Sidoine Koffi


