Champion en titre, l’Asec Mimosas file du mauvais coton en ce début de Ligue1 cuvée 2026-2027. En trois journées, le club jaune et noir n’a récolté que deux points sur neuf possibles. Un démarrage qui soulève des questions, quoique…
Battu lors de la première journée par Yamoussoukro FC (1-0), puis tenu en échec par le Stella Club d’Adjamé, l’Asec n’a pas réussi à rectifier le tir face à l’AFAD, samedi 10 octobre, au stade olympique Alassane-Ouattara d’Ebimpé (1-1). Le champion en titre s’est contenté d’un nouveau nul, confirmant son entame de saison pour le moins laborieuse. Provisoirement 11e au classement avec seulement deux points au compteur, les Mimosas sont loin de leurs standards habituels, alors que se profile leur prochaine échéance continentale en Ligue des champions face au Maghreb Association Sportive de Fès (Maroc).
Le recrutement interroge
Le technicien français de l’Asec, Julien Chevalier, ne semble pas encore avoir trouvé la bonne alchimie en ce début de saison. C’est du moins l’analyse du journaliste Clément Yeton. « L’effectif actuel a du mal à élever le niveau. On a également le sentiment que le discours de Julien Chevalier ne passe plus vraiment parce qu’il est là depuis un bon moment. Beaucoup de joueurs ont été recrutés, mais ils restent pour la plupart sur le banc. Le recrutement même interroge. Par exemple, le jeune ailier Koutou Yannick, transfuge de l’Africa Sports, ne joue pas, alors que, dans ses matchs, l’Asec fait face à des blocs bas. Chevalier n’arrive pas à étirer ces blocs », pointe le consultant sur La 3.
Toujours au sujet des choix du technicien, Clément Yeton regrette l’utilisation parcimonieuse que Julien Chevalier fait de Zabala, un artificier venu de Yamoussoukro, d’autant que l’Asec manque de puissance devant les buts adverses. Les hommes de Gborogbata n’ont trouvé le chemin des filets qu’une seule fois en trois journées.
La mayonnaise n’a pas encore pris
Journaliste au quotidien Supersport, Olivier Asseman abonde presque dans le même sens, attribuant les difficultés de démarrage de l’Asec au « renouvellement de l’effectif ». Il estime que « la mayonnaise n’a pas encore totalement pris. Et puis, l’équipe manque de maturité parce qu’il y a beaucoup de jeunes joueurs qui n’arrivent pas encore à s’adapter à la philosophie du club. Trop de précipitation et de déconcentration dans le jeu. L’un mis dans l’autre, tout cela explique le démarrage difficile ».
Il n’empêche que le confrère reste optimiste pour la suite de la saison. « Cette entame de saison n’est certes pas à la hauteur des attentes, mais il n’y a pas le feu en la demeure, tempère-t-il. Ça n’a pas encore décollé, mais je pense qu’avec le temps et la patience, le déclic va se produire. Il n’y a pas lieu de paniquer ou d’avoir peur. Avec le travail qui se fait au jour le jour, je crois que les choses vont venir petit à petit. »
C’est également l’analyse de Charles Dago, ancien international ivoirien reconverti en consultant sportif, qui relativise ce début de saison des Jaune et Noir. Il ne considère pas cette situation comme un véritable coup d’arrêt. « Il faut rappeler que le championnat compte environ 30 journées. Tous les clubs ne sont pas forcément capables de tenir sur une aussi longue durée, notamment les jeunes formations. Il suffit de regarder les championnats précédents. La cadence et le rythme exigés demandent des joueurs aguerris, capables de tenir sur la durée », rappelle-t-il.
La Ligue des champions dans un contexte de doute
Pour lui, outre cet aspect, l’Asec possède un atout que tous les autres clubs n’ont pas nécessairement : l’expérience dans la gestion d’un championnat. Un élément essentiel. Alors que cette performance en demi-teinte des Mimosas précède leur entrée imminente en Ligue des champions, Charles Dago y voit même un motif d’espoir. « Je pense que le club peut s’appuyer sur cette période pour mieux préparer son échéance africaine. Tout est une question de gestion. Les équipes qui possèdent une réelle expérience dans la gestion d’un championnat ou d’une compétition africaine sont souvent celles qui vont le plus loin. Pour un club comme l’Asec, le championnat national n’a pas forcément le même poids que les grandes compétitions africaines, notamment en matière de visibilité et de réputation internationale », assure l’ancien attaquant du Stade d’Abidjan et de l’Africa Sports.
Attention, toutefois, à ne pas laisser perdurer ce passage à vide, au risque d’installer un doute profond susceptible de paralyser l’équipe. C’est là que Charles Dago tire la sonnette d’alarme.
À noter que, dans ce contexte de début de saison poussif, l’Asec se déplacera au Maroc le 18 octobre pour affronter le Maghreb Association Sportive de Fès, en match aller du deuxième tour de la Ligue des champions africaine.
Martial Galé


