lemandatexpress – Quatre ans après le rendez-vous de Dakar, la métropole ivoirienne est devenue la capitale mondiale de la transition écologique urbaine à l’occasion de la deuxième Conférence internationale de la mobilité durable et du climat. Ce mardi 20 octobre 2026, plus de 1 200 participants venus de plus de quarante pays se sont rassemblés dans la grande salle du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire pour assister au lancement officiel des travaux.

Co-organisé par l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan, l’association CODATU et l’ONG Climate Chance, cet événement majeur réunit l’ensemble des acteurs clés de la ville durable, des bailleurs de fonds aux élus locaux, autour d’un constat unanime : l’heure n’est plus aux simples diagnostics, mais à la concrétisation des projets et à la mobilisation des ressources financières.
Dès l’ouverture des allocutions, le maire de la commune hôte de Cocody, Jean-Marc Yacé, a tenu à tirer la sonnette d’alarme face aux dérèglements environnementaux qui frappent le continent. Évoquant les inondations récurrentes et l’avancée du désert qui constituent selon lui de « véritables bombes sociales à retardement », l’élu a plaidé pour une accélération de la reforestation et de la décarbonation des transports urbains. À cet effet, il a annoncé la volonté de sa municipalité d’organiser prochainement une Conférence internationale de Cocody pour le climat.L’intervention de Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique et président de Climate Chance, a particulièrement marqué l’auditoire par une illustration concrète du changement climatique.
Après avoir rappelé avec humour qu’en Bretagne il pleut habituellement sans interruption entre deux saisons, le parlementaire a souligné la gravité de la situation actuelle. « C’était avant le dérèglement climatique. Nous sommes fin octobre, et il n’a pas plu en Bretagne depuis le mois d’avril », a-t-il relevé. Poursuivant sa démonstration sur la nécessité d’anticiper les risques plutôt que de réparer les dégâts, il a insisté sur l’imperatif d’allier transition écologique et justice sociale. « Si nous ne préservons pas la cohésion sociale, nous ne tiendrons pas les objectifs sur le climat », a-t-il affirmé.
Dans la même dynamique, François Durovray, président de CODATU, a rappelé la rapidité des mutations urbaines en Afrique, illustrée par la population d’Abidjan qui a été multipliée par six en un demi-siècle. Exposant la vision de son organisation pour des transports efficients, le dirigeant a tenu à préciser la portée de cette rencontre internationale. « Nous ne sommes pas ici pour produire un rapport supplémentaire. Les constats sont largement connus », a-t-il déclaré. De son côté, Demba Diop, président du Conseil stratégique de l’AMUGA, a salué le choix d’Abidjan comme une juste reconnaissance des efforts déployés par les autorités ivoiriennes à travers les chantiers structurants du métro, du BRT et du quatrième pont.
Prenant la parole à son tour, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a réaffirmé la volonté stratégique du gouvernement de bâtir un réseau de transport interconnecté et résilient. Soulignant le rôle fondateur des infrastructures dans le développement territorial, le ministre a martelé qu’« une infrastructure de transport ne doit plus seulement traverser la ville, elle doit contribuer à organiser la ville ». Il a profité de l’occasion pour annoncer l’octroi d’un don de trois millions d’euros par l’Union européenne afin de relancer le transport lagunaire abidjanais avec la création de treize gares et l’acquisition de vingt-cinq bateaux-bus.
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Clôturant la série des discours, le Premier ministre et parrain de la conférence, Robert Beugré Mambé, a apporté un éclairage technique et économique sur les défis du secteur. Rappelant la nécessité de subventionner les services publics pour garantir leur accessibilité au plus grand nombre, le chef du gouvernement a rappelé une réalité économique essentielle : « Le transport collectif ne peut pas être un transport qui rapporte beaucoup d’argent ». Robert Beugré Mambé a également surpris l’assistance en révélant l’existence d’un projet de transport par câble entre Adjamé et Yopougon. « Nous l’avons dans les tiroirs. Le moment venu, nous allons la sortir. », a-t-il déclaré.
Les travaux de cette conférence se poursuivent pendant trois jours à travers divers ateliers et visites de terrain, avant l’adoption très attendue de la Déclaration d’Abidjan ce jeudi. Cet acte final constituera une contribution majeure de l’Afrique en vue de la COP31, portant la voix d’un continent déterminé à transformer ses défis de mobilité en opportunités de développement durable.
Zéphirin Gohia
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