Recherche scientifique : L’IPCI fixe ses priorités pour les quatre prochaines années

Lemandatexpress – L’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire entend renforcer ses capacités de recherche et d’innovation pour mieux répondre aux défis sanitaires, climatiques et technologiques.** C’est l’un des objectifs du Conseil scientifique de l’institution, dont les travaux se sont ouverts le 21 octobre 2026 à Adiopodoumé, pour deux jours de réflexion et d’évaluation.

Réunis autour des orientations scientifiques de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), les membres du Conseil scientifique examinent les activités menées et définissent les axes prioritaires pour les quatre prochaines années. L’enjeu est d’adapter la recherche aux besoins de santé publique, tout en tenant compte des évolutions scientifiques et des nouvelles menaces sanitaires.

Président du Conseil scientifique, le professeur Serge Paul Eholie a souligné l’importance d’inscrire les recommandations de cette instance dans les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Cette démarche vise à assurer une meilleure cohérence entre les priorités de recherche de l’IPCI et les objectifs nationaux, régionaux et internationaux en matière de santé.

Pour le directeur général de l’Institut, le professeur Méité Syndou, le Conseil scientifique constitue un instrument essentiel d’aide à la décision. Il accompagne la direction dans la définition des priorités et l’évaluation des activités, afin de consolider les performances scientifiques de l’établissement.

Les travaux mettent l’accent sur plusieurs domaines stratégiques. La recherche sur les maladies infectieuses et non transmissibles figure parmi les principales priorités, avec une volonté de privilégier les approches interdisciplinaires et de tirer parti des technologies émergentes.

La lutte contre la résistance antimicrobienne occupe également une place importante. Il s’agit notamment de développer des outils de diagnostic performants et de renforcer les stratégies de prévention ainsi que l’évaluation des traitements.

L’IPCI entend, par ailleurs, accélérer l’intégration de la bioinformatique et de l’intelligence artificielle dans ses activités. Ces technologies devraient contribuer à améliorer les capacités de recherche, l’analyse des données et la veille sanitaire.

À ces orientations s’ajoutent l’approche « Une seule santé », qui établit un lien entre la santé humaine, animale et environnementale, ainsi que l’étude des effets du changement climatique sur la santé. L’objectif est notamment d’adapter les dispositifs de surveillance et les mécanismes d’intervention aux risques émergents.

Pour soutenir ces ambitions, l’Institut peut s’appuyer sur plusieurs avancées. La modernisation du Département des virus épidémiques et l’accréditation ISO 15189 obtenue par trois laboratoires l’UMTA, le DVE et le PBM témoignent des efforts engagés pour renforcer les capacités techniques et la qualité des analyses.

L’IPCI contribue également au diagnostic de 19 des 23 maladies prioritaires recensées en Côte d’Ivoire, confirmant son rôle dans le dispositif national de surveillance et de réponse aux menaces sanitaires.

Ces acquis constituent un socle pour développer de nouvelles capacités et améliorer la contribution de la recherche scientifique à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge des maladies.

Présent aux travaux, Christophe d’Enfert, conseiller scientifique pour les affaires internationales à l’Institut Pasteur de Paris, a salué la dynamique engagée par l’IPCI. Il a toutefois insisté sur la nécessité de disposer de ressources financières suffisantes pour traduire les ambitions scientifiques en résultats concrets.

Dans un contexte budgétaire contraint, il a appelé le gouvernement ivoirien et les bailleurs de fonds internationaux à apporter un soutien durable au financement de la recherche. Un accompagnement jugé essentiel pour maintenir les capacités scientifiques, encourager l’innovation et répondre efficacement aux défis sanitaires.

Au terme de ces deux jours de travaux, l’IPCI entend ainsi consolider ses acquis et renforcer ses orientations scientifiques en cohérence avec le PND 2026-2030. À travers l’innovation, la coopération et l’intégration des nouvelles technologies, l’institution ambitionne de conforter son rôle dans la protection de la santé publique en Côte d’Ivoire et au-delà.

HG

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