Alors que le projet de loi dit « casseurs-payeurs » doit être examiné au Sénat, après les pillages et les dégradations survenus les samedi 17 et dimanche 18 octobre en France, Amnesty International appelle le gouvernement à y renoncer.
L’organisation de défense des droits humains estime que ce texte pourrait « violer les obligations de la France au regard du droit international relatif aux droits humains ». Dans un communiqué, Nathalie Godard, directrice du pôle Action d’Amnesty International France, exhorte le gouvernement à abandonner ce « nouveau projet de loi liberticide », qui, selon elle, « menace gravement le droit de manifester en faisant peser sur l’ensemble des manifestants un risque de sanction financière ».
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions persistantes, marqué notamment par les mobilisations de lycéens à travers le pays. La journée de mobilisation du samedi 24 octobre a été plus calme que prévu, malgré des heurts et quelques pillages dans plusieurs villes. Les commerçants ont toutefois été empêchés de travailler, a déploré une représentante de la Fédération des épiceries et du commerce de proximité (FECP), interrogée par l’AFP.
Le projet de loi, jugé « absolument indispensable » par Sébastien Lecornu, doit être débattu au Sénat à partir du mardi 27 octobre, plus d’une semaine après les pillages et les dégradations survenus en marge des manifestations du 17 octobre dans plusieurs villes. Un débat sur « l’avenir du processus d’orientation » est également prévu mercredi à l’Assemblée nationale.
En déplacement à Marseille, Emmanuel Macron a estimé qu’il n’était « pas normal » que le pays soit « dans cet état d’ébullition » à six mois de l’élection présidentielle. Il a remercié les forces de l’ordre pour leur mobilisation et déclaré : « On continuera de tenir. Si on fait bien notre travail collectivement, c’est un mouvement qui va se calmer parce qu’on répondra aux attentes. »
Mobilisés en nombre dans toute la France, les lycéens alertent sur la dégradation de leurs conditions de scolarité. Vétusté des établissements, sureffectifs, pénurie d’enseignants, emplois du temps chargés et pression liée à la plateforme Parcoursup : les témoignages recueillis dénoncent une remise en cause de l’égalité des chances.
Martial Galé

