Côte d’Ivoire: le CNDH rappelle l’État de droit face aux poursuites visant l’opposition

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) est sorti de sa réserve. Dans une déclaration publique datée du 28 octobre 2026, l’institution s’inquiète du climat né des procédures judiciaires qui visent plusieurs cadres du PDCI-RDA et du PPA-CI, et en appelle au respect des principes de l’État de droit.

Depuis plusieurs semaines, l’actualité politique et judiciaire est rythmée par des convocations, des inculpations et des placements sous contrôle judiciaire. Certaines de ces procédures ont été engagées devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan, précise le communiqué. Le CNDH dit les suivre « avec attention ».

L’institution prend soin de ne pas contester les prérogatives des magistrats. Elle reconnaît aux autorités compétentes le droit de conduire les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité et au maintien de l’ordre public. Mais elle pose deux limites. D’une part, nul ne peut échapper à la loi en raison de son appartenance politique. D’autre part, aucun citoyen ne saurait subir de restrictions arbitraires de ses droits à cause de ses opinions ou de son engagement partisan.

Présomption d’innocence

Au cœur du message figure la présomption d’innocence. Pour le CNDH, ni une convocation, ni une audition, ni une inculpation, ni même un contrôle judiciaire ne suffisent à établir une culpabilité. Celle-ci ne peut résulter que d’une procédure régulière, close par une décision définitive. Le Conseil plaide aussi pour les droits de la défense, le droit à un procès équitable et la protection de la justice contre toute ingérence ou tentative de discrédit.

Le texte s’adresse enfin à l’ensemble des acteurs du débat public. Les autorités et les responsables politiques sont invités à privilégier les voies légales et institutionnelles, et à mesurer leurs prises de parole. Les médias, les organisations de la société civile et les internautes sont appelés à la rigueur dans le traitement de l’information, afin de préserver la dignité des personnes concernées.

En conclusion, le CNDH réaffirme sa vigilance sur les droits fondamentaux, individuels et collectifs, et recommande au gouvernement, à la classe politique et aux leaders d’opinion de privilégier le dialogue et la concertation. Il s’agit, visiblement, de préserver les acquis démocratiques et la paix sociale, à l’heure où les tensions entre le pouvoir et l’opposition se cristallisent autour du nouvel organe électoral.

Martial Galé

Lemandatexpress.net

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