‎Réforme électorale : Voici ce que proposent concrètement Simone Gbagbo, Affi N’guessan et Assalé Tiemoko

lemandatexpress – ‎À la suite de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) par ordonnance le 6 mai 2026, l’opposition et la société civile ivoirienne entendent poser les bases d’un véritable renouveau démocratique. Refusant un simple ravalement de façade d’un système à l’origine de contestations récurrentes et de violences politiques majeures, les partis signataires du Haut Conseil électoral (HCE), la CAP-CI et l’ADCI, respectivement emmenés par Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’guessan et Antoine Assalé Tiemoko ont dévoilé une vision commune visant, selon eux, à garantir des scrutins justes, transparents, inclusifs et apaisés.

Au cœur de ce projet de rupture figure la création de deux organes indépendants et aux missions strictement complémentaires. D’une part, l’Autorité Électorale Nationale Indépendante (AENI) prend la responsabilité d’organiser et d’exécuter l’ensemble des opérations électorales. D’autre part, l’Observatoire Permanent des Élections (OPE) se voit confier un rôle exclusif de surveillance, chargé d’évaluer le processus, de recevoir les alertes et de formuler des recommandations sans pour autant diriger les opérations ni disposer de pouvoirs de coercition. Cette séparation nette entre l’exécution et l’évaluation marque le terme de la logique partisane qui prévalait jusqu’ici.

‎L’AENI s’appuie sur un collège restreint de onze membres soigneusement sélectionnés pour leurs compétences techniques, excluant catégoriquement les représentants du gouvernement et des formations politiques. Ce conseil rassemble un éventail de profils diversifiés comprenant des experts électoraux, des juristes, des experts-comptables, des universitaires, des statisticiens, des spécialistes du numérique ainsi que des acteurs issus des secteurs professionnels et sociaux.

Pour garantir l’impartialité de cette autorité administrative, financière et opérationnelle, les responsables sont désignés à l’issue d’une sélection rigoureuse en cascade. Un Jury national de cinq membres met d’abord en place un Comité National de Sélection de neuf personnes, lequel pilote un processus public fondé sur un appel à candidatures, la vérification des dossiers, des auditions publiques, une présélection puis un tirage au sort transparent entre les candidats qualifiés.

‎Sur le terrain, l’AENI assume la charge d’établir et de sécuriser le fichier électoral, de traiter les candidatures, de former les agents et d’organiser les votes. Pour restaurer la confiance des citoyens, la proposition mise sur une traçabilité totale des opérations. Cela se traduit par la supervision minutieuse du dépouillement, la publication rapide des résultats provisoires, la conservation scrupuleuse des archives, mais surtout par l’affichage immédiat des procès-verbaux dans les bureaux de vote et leur mise en ligne intégrale. De son côté, l’OPE veille au grain en contrôlant l’ensemble du cycle électoral, en menant des enquêtes sur les éventuels dysfonctionnements et en publiant ses rapports. Toute alerte ou résolution émise par cet observatoire impose une obligation de réponse motivée et publique de la part de l’autorité électorale.

En associant des critères stricts d’intégrité, une indépendance financière totale et un contrôle citoyen permanent, Simone Ehivet Gbagbo, Pascal Affi N’guessan et Antoine Assalé Tiemoko proposent une refonte globale de l’architecture électorale pour prémunir la Côte d’Ivoire contre les crises du passé.

‎W. DeBongo

lemandatexpress.net

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