Côte d’Ivoire : L’héritage d’Alassane Ouattara, le gagnant-gagnant avec Moscou, Yan Diomandé nominé…

La question de l’après-Alassane Ouattara s’installe progressivement dans le débat politique. Entre préservation des acquis, contestation du bilan et ambitions successorales, l’héritage du chef de l’État se dessine comme l’un des grands enjeux de la prochaine décennie. Pendant ce temps, le PDCI-RDA remet en lumière le projet de société de Tidjane Thiam pour la présidentielle de 2025. Sur le plan international, le Sommet Russie-Afrique relance le débat sur les rapports entre Moscou et le continent, désormais décidé à défendre ses intérêts dans une logique de gagnant-gagnant. Dans l’actualité économique, une découverte de lithium à Issia suscite de nouvelles perspectives. Enfin, le sport ivoirien oscille entre satisfaction autour de Yan Diomandé, nommé parmi les finalistes du meilleur jeune joueur du mois en Liga, et tristesse après le décès d’un footballeur ivoirien en plein match à Paris. (La Matinale expresse).

Il est toujours aux commandes et son leadership continue de marquer la scène politique ivoirienne et africaine. Mais, comme toute aventure politique, celle d’Alassane Ouattara est appelée à connaître son terme. En principe, le rendez-vous est fixé à octobre 2030. D’ici là, une question s’impose déjà : qui prendra la relève ? De son propre camp ou des rangs de l’opposition ? Pour l’heure, le jeu reste ouvert et les prétendants ne manquent pas.

« Qui ose convoiter le fauteuil de Ouattara ? », s’interroge Le Sursaut, qui place « challengers et outsiders à l’épreuve de l’après-2025 ». Le Bélier, lui, constate qu’il existe « des prétendants mais toujours pas de successeur officiel ». Autant dire que la bataille de la succession est déjà dans les esprits, même si aucune figure ne semble encore s’imposer comme l’héritier incontestable du chef de l’État.

Les noms de plusieurs proches collaborateurs d’Alassane Ouattara, notamment Tiémoko Meyliet Koné, Robert Beugré Mambé et Téné Birahima Ouattara, alimentent régulièrement les spéculations. Mais, pour Le Patriote, l’enjeu de l’après-Ouattara dépasse largement les ambitions individuelles. Il réside surtout dans la préservation de l’héritage économique et social que le président entend laisser à la Côte d’Ivoire. Une manière de rappeler que, depuis 2011, le développement et la transformation du pays constituent les principaux marqueurs du discours présidentiel.

Un bilan que l’opposition ne partage évidemment pas sans réserve. Dans une tribune relayée par Le Quotidien, Me Habiba Touré, avocate et porte-parole du PPA-CI, s’attaque à la politique éducative du régime. Elle en expose ce qu’elle considère comme les insuffisances, dénonçant des investissements importants qui ne garantiraient pas, selon elle, une formation de qualité aux apprenants. « Après 15 ans de gouvernance, les excuses ne sont plus tenables », assène-t-elle. Une sortie qui remet sur la table la question de l’efficacité des politiques publiques, au-delà des chiffres et des infrastructures annoncées.

Le projet de société du PDCI-RDA

Sur le terrain démocratique, Générations Nouvelles porte également la contradiction au pouvoir. Le journal accuse le chef de l’État de vouloir réduire l’opposition au silence. Une critique qui intervient dans un contexte politique encore marqué par les tensions autour des libertés publiques, du pluralisme et de la place des formations politiques concurrentes.

Pendant ce temps, le PDCI-RDA replonge dans la présidentielle de 2025. Selon Soir Info, Tidjane Thiam a dévoilé le projet de société qu’il entendait mettre en œuvre s’il avait remporté le scrutin. Ce programme, conçu pour le quinquennat 2025-2030, reposait sur six axes prioritaires, avec notamment le développement humain, l’énergie, le numérique, la justice et l’égalité. Une publication qui permet au parti septuagénaire de remettre en circulation les grandes orientations de son offre politique et de rappeler qu’il avait, lui aussi, une vision pour la conduite des affaires de l’État.

À l’échelle continentale, le regard se tourne vers Moscou. Le Sommet Russie-Afrique continue de susciter analyses et commentaires. Contre-poids estime que l’Afrique a clairement posé ses exigences : des relations fondées sur le principe du gagnant-gagnant. Mais le continent sort-il réellement gagnant de ce rapprochement ? La question mérite d’être posée. Une chose semble toutefois se dégager : les dirigeants africains entendent désormais peser davantage dans leurs partenariats internationaux et ne plus se contenter d’une posture d’assistance. Entre coopération économique, intérêts stratégiques et équilibres géopolitiques, l’Afrique revendique une place plus affirmée dans ses relations avec les grandes puissances.

Le lithium, une nouvelle carte pour la Côte d’Ivoire

Au plan économique, le sous-sol ivoirien continue de révéler son potentiel. Le Mandat annonce la découverte d’un gisement de lithium à Issia, tandis que sept cibles d’exploration ont également été identifiées à Tiassalé. Une actualité qui intervient dans un contexte de forte progression de la demande mondiale pour ce minerai stratégique, indispensable notamment à la fabrication des batteries électriques. De quoi nourrir de nouvelles perspectives pour le secteur minier ivoirien, à condition que ces découvertes se traduisent, à terme, par des retombées économiques concrètes.

Dans un tout autre registre, Fraternité Matin met en lumière les prouesses de la médecine cardiovasculaire. « On arrête le cœur, on l’opère et on le redémarre… », explique le professeur Kouadio Euloge Kramoh, qui évoque un taux de réussite de 95 %. Une performance qui témoigne des progrès de la chirurgie cardiaque et des possibilités offertes aux patients confrontés à des pathologies lourdes.

La solidarité envers les ménages vulnérables figure également au menu de l’actualité. L’Inter annonce une enveloppe de 200 millions de FCFA destinée à accompagner 2 000 familles. L’initiative prévoit notamment le financement d’activités génératrices de revenus. Au-delà de l’aide immédiate, l’objectif affiché est de favoriser l’autonomisation économique des bénéficiaires.

Mais tout ne semble pas fonctionner comme prévu dans la filière cacao. Les Échos de la République s’intéresse à la traçabilité, présentée comme un instrument essentiel de lutte contre la fraude. Le journal évoque pourtant des achats frauduleux qui continueraient de prospérer au sein du dispositif, en s’appuyant sur des témoignages recueillis par sa rédaction. Un paradoxe qui pose la question de l’efficacité des mécanismes de contrôle dans une filière aussi stratégique pour l’économie ivoirienne.

Yan Diomandé dans la lumière, le football dans le deuil

L’actualité sportive offre un visage contrasté. D’un côté, Yan Diomandé poursuit son ascension. Selon Supersport, le jeune international ivoirien figure parmi les cinq finalistes au titre de meilleur jeune joueur du mois d’octobre en Liga espagnole. Une nomination qui vient récompenser ses performances et confirme l’intérêt grandissant suscité par le talent ivoirien sur la scène européenne. À seulement 19 ans, l’attaquant continue ainsi de faire parler de lui et de porter les espoirs du football ivoirien.

De l’autre côté, c’est la tristesse qui domine. Le Jour Plus rapporte le décès d’un footballeur ivoirien âgé de 42 ans, survenu en plein match à Paris. Une disparition brutale qui vient rappeler que derrière la passion du ballon rond se cachent aussi des drames humains.

Enfin, les regards se tournent vers les prochaines échéances de la Coupe d’Afrique des nations 2027. L’Expression annonce que le sélectionneur Hervé Renard prépare de nouvelles surprises à l’approche des troisième et quatrième journées des éliminatoires. De quoi alimenter les attentes autour des prochaines rencontres et des choix que pourrait opérer le technicien français.

Martial Galé

lemandatexpress.net

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