Lemandatexpress – La Côte d’Ivoire a procédé, ce mardi 3 novembre 2026, au lancement officiel du Mois de la jeunesse africaine, au Palais de la Culture de Treichville. Présidant cette cérémonie, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a mis en lumière les avancées enregistrées par le pays dans la mise en œuvre de la Charte africaine de la jeunesse, vingt ans après son adoption. Il a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de la jeunesse un acteur majeur du développement du continent.
Vingt ans après l’adoption de la Charte africaine de la jeunesse à Banjul, en 2006, le bilan de sa mise en œuvre et les perspectives pour les jeunes ont occupé une place centrale dans les échanges. Pour Mamadou Touré, ce texte constitue un cadre de référence qui consacre les droits des jeunes, tout en rappelant leurs devoirs envers leur famille, leur communauté et leur pays. ” En 20 ans, nous avons eu beaucoup d’évolution dans notre pays. Parce que cette charte reprend un peu, non seulement les droits des jeunes, mais les devoirs des jeunes. Et au niveau des droits des jeunes, vous avez par exemple le droit à l’association et à l’immigration”.
Intervenant lors d’un panel consacré à cet anniversaire, le ministre a souligné les progrès réalisés en Côte d’Ivoire, notamment en matière de participation citoyenne et d’organisation des mouvements de jeunesse. Il a relevé que le pays compte désormais plus de 6 400 associations de jeunesse enregistrées auprès de son département, témoignant du dynamisme du mouvement associatif.
Le ministre a également cité la mise en place du Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire, qui fédère les organisations de jeunesse, ainsi que les mécanismes de consultation permettant aux jeunes de contribuer à l’élaboration des politiques publiques. À titre d’exemple, il a rappelé que 363 associations de jeunes avaient été consultées dans le cadre de l’élaboration du Programme jeunesse du gouvernement (PJGouv).
Au-delà de la participation, Mamadou Touré a insisté sur les efforts engagés en faveur de la formation et de l’insertion professionnelle. Il a notamment évoqué les dispositifs d’accompagnement à l’emploi et à l’entrepreneuriat, ainsi que les investissements dans les infrastructures éducatives. Pour lui, la présidence d’Alassane Ouattara a permis des avancées significatives dans la traduction des engagements de la Charte africaine de la jeunesse en actions concrètes.

Dans son discours de lancement, le ministre a replacé ces enjeux dans le contexte démographique du continent. Selon les projections des Nations unies, plus d’une personne sur quatre dans le monde vivra en Afrique à l’horizon 2050. Cette évolution représente une opportunité majeure, à condition que les États investissent davantage dans l’éducation, la santé, la formation, l’emploi et l’autonomisation des jeunes.
Toutefois, il a alerté sur les difficultés d’insertion auxquelles demeure confrontée une grande partie de la jeunesse africaine, alors que des millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail sans trouver d’emploi formel. Pour Mamadou Touré, la valorisation de ce potentiel démographique exige des politiques publiques adaptées et une participation effective des jeunes aux décisions qui engagent leur avenir.
En Côte d’Ivoire, cette ambition se traduit notamment par le PJGouv 2026-2030, doté d’une enveloppe de près de 2 870 milliards de FCFA et destiné à impacter plus de 5,2 millions de jeunes. Le programme couvre plusieurs domaines, dont l’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat, la formation, l’engagement citoyen et le bien-être. “Une jeunesse formée en bonne santé et au travail peut à l’inverse porter une croissance que l’Afrique n’a encore jamais reconnue. Le dividende démographique se prépare par l’école, par la formation, par la santé, l’emploi et la confiance faite aux jeunes. Et il se prépare maintenant.”, a fait savoir le ministre Mamadou Touré. Avant de clore son discours, il a exhorté les jeunes leaders venus des pays d’Afrique à garder les liens. Car à l’en croire : “L’Afrique se construira entre les jeunes qui se connaissent, se font confiance et qui travaillent ensemble.”
La directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Diene Keita, a, pour sa part, salué l’accueil réservé aux délégations et l’engagement des jeunes réunis à Abidjan. Elle a insisté sur l’importance de faire entendre leurs propositions en amont des échanges entre décideurs, estimant que leurs voix doivent contribuer directement à l’élaboration de politiques publiques adaptées à leurs besoins.

Mamadou Touré a pris l’engagement de transmettre les recommandations issues des travaux au gouvernement ivoirien et de les intégrer au suivi du programme jeunesse. Il a également souhaité leur partage avec la Commission de l’Union africaine et les pays représentés, afin que les conclusions ne restent pas sans suite.
En prélude à cette cérémonie de lancement, Abidjan a accueilli, dans la matinée du mardi 3 novembre, le Dialogue des jeunes sur l’avenir démographique. Cette rencontre a réuni de jeunes leaders, des innovateurs, des chercheurs et des spécialistes de la démographie autour de la construction d’une vision portée par les jeunes pour renforcer la résilience démographique, la prospérité et l’inclusion en Afrique.
Les discussions ont notamment porté sur les droits et l’autonomie des jeunes, l’égalité entre les sexes, l’accès à l’éducation et à la santé, le renforcement du capital humain, l’emploi décent et l’entrepreneuriat. Les recommandations formulées au cours de ce dialogue doivent alimenter les travaux du Dialogue de haut niveau sur l’avenir démographique, afin de mieux intégrer les aspirations de la jeunesse dans les politiques de développement du continent.
Abran Saliho



