
Présidentielle 2025 / Audit et RLE: la CEI rassure les confessions religieuses et pointe un manque de cohérence de l’opposition
Lemandatexpress – La Commission électorale indépendante (CEI) a échangé, ce mercredi 16 avril, avec les représentants des confessions religieuses sur les questions liées à la liste électorale en vue de l’élection présidentielle de 2025.
C’est afin d’éclaircir les nombreuses interrogations et tensions entourant le processus électoral – notamment les revendications relatives à la révision de la liste électorale (RLE) et à l’audit de cette liste – que la CEI, par la voix de son président Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, a initié ce cadre de dialogue à l’espace Latrille Events, à Cocody.
À cette occasion, la CEI a réaffirmé son engagement à organiser une RLE, mais seulement après le scrutin présidentiel d’octobre 2025. « Nous avons clairement expliqué aux partis politiques que nous ferons la RLE, mais qu’il est matériellement et légalement impossible de la tenir avant la présidentielle. En revanche, elle pourra être organisée après. Il n’y a donc aucune violation de la loi, ni volonté de manipulation », a-t-il précisé, rappelant que l’organisation d’une RLE dépend d’un décret pris en Conseil des ministres, sur proposition de la CEI, conformément à l’article 11 du code électoral.

Par ailleurs, Coulibaly-Kuibiert a dénoncé un manque de cohérence de la part de certains acteurs politiques, soulignant que le chronogramme des activités électorales avait été communiqué en toute transparence dès le départ, et même modifié à plusieurs reprises à leur demande. Il a notamment évoqué les reports successifs de la RLE initialement prévue entre juillet et octobre 2024.
S’agissant de l’audit de la liste électorale, autre point de discorde avec l’opposition, il a rappelé qu’il s’agit d’une vieille revendication datant d’au moins 2020.
« Le non-dit de cette revendication semble être la remise en cause de la liste électorale établie en 2008-2009 pour les élections de sortie de crise, puisque l’argument avancé est la présence de 2 à 3 millions de non-nationaux sur cette liste, présence qui remonterait à cette période », a-t-il observé.

En attendant de satisfaire pleinement cette demande, Coulibaly-Kuibiert a rassuré son auditoire de la tenue d’un audit tel que prévu par le code électoral, et qui, selon lui, « s’épuise dans le contentieux de la liste électorale ». « Ce contentieux en cours permet, preuve à l’appui, de demander la radiation d’électeurs indûment inscrits, l’inscription de personnes écartées à tort, ainsi que la correction d’irrégularités ou d’erreurs matérielles », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que si la CEI devait accéder à l’audit réclamé par l’opposition, il faudrait alors inventer de nouvelles règles. Car, selon lui, ce que l’opposition demande, c’est d’appliquer l’article 3 du code électoral pour radier certains électeurs, ou l’article 7 pour corriger les mentions d’identification.

La CEI, tout en réaffirmant son engagement à conduire le processus électoral en toute transparence, a insisté sur le rôle crucial des confessions religieuses, soulignant le sens de cette rencontre. « Vous, Ministres des cultes, Autorités religieuses, Guides spirituels, êtes le ciment et le ferment de la vie et de la cohésion sociale. Par vos intercessions, vos prières, vos prêches, et surtout vos prises de parole, vous rendez la société meilleure à travers ses membres que nous sommes. Vous êtes sans doute un pilier essentiel des institutions sociales », a reconnu Ibrahime Coulibaly-Kuibiert.
Un appel clair à ces acteurs à pleinement jouer leur rôle dans le processus électoral en cours.
Martial Galé







