
Fête du travail en Côte d’Ivoire : miroir des acquis sociaux et des combats syndicaux
Lemandatexpress – Chaque 1er mai, la Côte d’Ivoire, à l’instar du monde entier, célèbre ce 1et mai, la Fête du Travail. Plus qu’un jour férié, cette date symbolise la reconnaissance des luttes ouvrières et syndicales pour de meilleures conditions de vie et de travail. Au pays d’Alassane Ouattara, cette célébration est aussi l’occasion de revisiter les grandes étapes de la lutte syndicale et de mesurer les acquis dans une société en constante mutation.
Les origines de la Fête du Travail remontent aux mouvements ouvriers du XIXe siècle. En Côte d’Ivoire, les premières manifestations de revendication sont nés à l’époque coloniale, notamment avec la grève historique des cheminots en 1947, dirigée par des figures emblématiques telles que Houphouët-Boigny. Ce mouvement fut un tournant dans la prise de conscience des travailleurs ivoiriens de leur pouvoir collectif.
Au fil des décennies, plusieurs figures ont marqué le paysage syndical. Parmi elles, Joseph Coffie-Ngoran, premier secrétaire général de l’UGTCI, a posé les bases du syndicalisme ivoirien indépendant dans les années 1960. Dans les années 1990, au moment de l’ouverture démocratique, des leaders comme Marcel Etté ou Basile Mahan Gahé ont relancé la dynamique revendicative dans un contexte de libéralisation économique souvent défavorable aux travailleurs.
Les acquis sociaux : un bilan contrasté
Grâce à la lutte syndicale, plusieurs avancées ont été enregistrées : création du SMIG, institutionnalisation du dialogue social, amélioration des régimes de retraite et de sécurité sociale, déblocage des enseignants, paiement du 1/3 du salaire indiciaire aux fonctionnaires et renforcement du Code du travail etc. Cependant, ces acquis restent fragiles. Le secteur informel, qui emploie plus de 80 % de la population active, demeure largement exclu des protections sociales.
La Fête du Travail en 2025 se déroule dans un contexte où l’État tente de maintenir un équilibre entre attractivité économique et paix sociale. Les revendications des enseignants du secteur éducation-formation sur la prime occupe également le haut du pavé. Si gouvernement et syndicats se sont accordés dernièrement sur des points clés pour préserver l’année scolaire, l’atmosphère reste tendue.
Lutte collective
En somme, la Fête du Travail ne se résume pas à un rituel annuel. Elle demeure un marqueur fort des évolutions sociales et un baromètre des tensions du monde du travail. En Côte d’Ivoire, elle rappelle que le progrès social est le fruit d’une lutte continue et collective vers un syndicalisme de proximité.
M.Galé






