
Promotion de l’Ecotourisme/ Dahliafleur : des familles à la découverte de la nature
Lemandatexpress – Des enfants accompagnés de leurs parents en visite dans un parc, un jour de fête, au lieu d’aller au glacier. C’est de l’écotourisme. Et ça se passe à Dahliafleur.
Sous des arbres et des buissons de feuillage, Kouassi Lesly et Kouassi Grâce, deux sœurs âgées respectivement de 9 et 10 ans, jouent à la tyrolienne sous le regard de leur père, Kouassi P. Un peu plus loin, un groupe de gamins très excités s’adonnent au tir à l’arc. Cet après-midi du samedi 7 juin 2025 consécutif à la célébration de la Tabaski ou l’Aïd El Kebir, donc jour non ouvré, des familles sont venues au Parc Dahliafleur à Bingerville, pour s’offrir un moment de plaisir, à la faveur de la fête. Une cinquantaine d’enfants sont présents. Le ton est à l’amusement et la détente. Il y a çà et là des courses poursuites ; des jeux divers.
La plupart sont habillés en pantalon Jean, T-shirt, casquette et basket. Certains portent des tenues traditionnelles. Il s’agit de boubou, pagne Kita et d’autres modèles d’étoffe tissés. Les parents et accompagnateurs sont également en tenues décontractées. Kouassi P., père de Kouassi Lesly et Kouassi Grâce, explique la visite au parc, par sa volonté de faire sortir les enfants et leur faire découvrir la forêt. « Les enfants ont voulu découvrir ce qu’est la forêt. Nous ne nous sommes pas opposés », nous confie-t-il. Et de poursuivre : « Nous avons à cœur de transmettre notre culture aux enfants. Ici, elles ont découvert tout le protocole de l’accueil et de demande de nouvelles en pays Akan. A notre arrivée, nous avons été reçus par un guide, qui nous a fait asseoir, donné à boire, et demandé les nouvelles ». Autre découverte pour les enfants, les conditions de vie au village.
« Les chaises dans lesquelles nous sommes assis, les assiettes où l’on sert la nourriture, les coupes dans lesquelles l’on boit sont assez originales », fait-il remarquer. Papa Kouassi mentionne que les recherches sur internet ont abouti au choix de Dahliafleur, le site le plus proche. « On avait le choix d’aller à Bonoua ou ailleurs, il y a des sites similaires. Mais Dahliafleur est plus proche. Et vous conviendrez que si nous devrions aller au village avec les enfants, nous aurions déboursé plus d’argent ».

Faire découvrir la forêt
Kouassi Lesly et sa sœur se disent heureuses et ravies d’être à Dahliafleur. « Je suis contente d’être ici, parce que je peux me promener, aller partout, sans me faire crier là-dessus », avance Kouakou Lesly en souriant. Sa soeur cadette se dit émerveillée par les arbres et les chants des oiseaux. « Il y a de gros arbres et beaucoup d’oiseaux ici. Nous jouons beaucoup ». Kouassi Grâce va plus loin pour dire qu’elle préfère venir au parc qu’aller au cinéma ou au glacier. « Je suis à l’aise ici », dira-t-elle, le sourire en coin.
Gnagne Aurore, responsable d’un groupe de vingt-huit (28) enfants de la Mission Evangélique Somme des Vies de Côte d’Ivoire (MIES-VIE-CI), évoque une sensibilisation des enfants à la protection de l’environnement. « Nous avons décidé d’allier divertissement et apprentissage. Nous voulons familiariser les enfants à la question environnementale. Ici ils ont la possibilité de voir et toucher ce qu’est la faune et la flore », explique-t-elle. Par ailleurs, la visite à Dahliafleur répond au besoin d’agrémenter les vacances des enfants. « Nous sommes en vacances, et nous offrons ici une aubaine d’évasion. Dans le même temps, nous encourageons ceux qui ont bien travaillé durant l’année scolaire », soutient Mme Gnagne. Comme Kouassi Lesly et Kouassi Grâce, les enfants de la Mission Evangélique Sommes des Vies de Côte d’Ivoire profitent de leur séjour. Certains s’entrelacent dans les hamacs pendant que d’autres jouent au football. « Je suis heureux d’être ici. J’ai bu du ‘‘bangui’’ dans le ‘‘Kpaco’’ », confie Ezikiel Gnian, âgé de 8 ans. Dago Schekinael, lui, est sublimé par les séances d’équitation avec les chevaux. « Le cheval est gentil avec moi. Nous nous sommes promenés ».
Le parc est merveilleux
En dehors des familles, d’autres visiteurs sont présents. Louis Hayes, ressortissant chinois, consomme du ‘‘bangui’’ (vin de palme) en compagnie de son guide. Ils sont assis sur des chaises traditionnelles. Il affirme que ‘‘le parc est merveilleux’’. « Ici, l’atmosphère est calme et tranche carrément avec ce que nous avons l’habitude de vivre en ville », martèle-t-il.
Des randonneurs sont également présents. Ils sont environ 200. Ce sont des responsables d’entreprises, des membres du corps diplomatique etc. Ils se distinguent par leur uniforme de T. shirt. Leurs véhicules sont garés derrière leur attroupement.
La réserve de Dahliafleur s’offre aux visiteurs dans sa splendeur luxuriante et sa richesse. En la parcourant, l’on aperçoit un feuillage de bambou de chine entremêlé tel un arc de triomphe. Sous le vent, les feuilles balancent à gauche et à droite, avec ça et là les bruits de frottement des troncs. Ce paysage luxuriant traversé par les rayons de soleil s’étend à perte de vue. Le vent souffle au point qu’on a le sentiment d’être transporté dans un autre monde. Il n’y a pas de coup de klaxon strident de motos ou de véhicules, encore moins de musique bruyante. Dahliafleur est parcouru par une route principale et plusieurs pistes permettant une circulation aisée. Des appâtâmes construits sont équipés de meubles faits en bambou de chine pour permettre de marquer un arrêt ou un repos. De l’entrée jusque sur environ sur 300 mètres, la paysage des bambous de chine continue de part et d’autres de l’artère principale. Ce spectacle donne une allure verdoyante au paysage. La route est parsemée de feuillage et branches pourries, des constituants du compost qui enrichie le sol. En regardant de près, on aperçoit de petits monticules de terres noires produits par les vers de terre.
Une sépulture attire le regard dans un coin de la réserve. Elle se fond dans la nature car peinte en vert, la couleur dominante du paysage. Elle est bien clôturée avec une photo en médaillon. « Ici repose pour l’éternel, Barbetta Italo, fondateur de Dahliafleur (01-03-1916/04-12-2001) », mentionne l’écriteau. A quelques dizaines de mètres de là, se dressent des bambous de chine différents de ceux observés jusque-là.
« Ce sont de gros bambous de Chine. Leur diamètre mesure entre 10 et 15 centimètres. Leur tronc leur sert de réservoir d’eau qu’ils absorbent pendant la sècheresse », nous explique notre guide Arouna, qui ajoute que ces plantes sont uniques en Afrique de l’ouest.
Des essences rares, plus de 65 espèces d’oiseaux
Changement de décor. Ici les bambous de Chine font place à d’autres arbres de la forêt. Le paysage est plus sombre, quoique traversé par les rayons du soleil. La terre est plus humide et plus noirâtre. Un iroko supplante l’espace. A deux pas de là, un acacia parsemé de feuillage. Un peu plus loin, notre regard tombe sur un kapokier, un zakier et un attouilletoya, des essences d’arbres rares. En continuant dans le fin fond de la forêt, l’on découvre une multiplicité d’essences recherchées ainsi que de nombreuses autres espèces comme les lianes, les fleurs de bec de perroquet.
Notre promenade se fait sous la rythmique de chants d’oiseaux. Nous entendons les chants de martins-pêcheurs, colibris et de calao. A l’abordage d’une piste, une pancarte signalétique affiche des dessins d’animaux. L’on peut lire : ‘‘Silence et vous verrez des animaux’’. « Ici, nous avons des gazelles, des pythons, des mangoustes, des varans, des rats », nous instruit le guide. Il ajoute que selon les experts, plus de 65 espèces d’oiseaux sont inventoriées.
La visite se poursuit dans l’impatience de rencontrer un animal. Le moindre geste dans les buissons attire notre regard. « Si vous venez ici prochainement, vous pourrez voir les animaux car ils viennent s’abreuver dans cette marre », avance Arouna. Il est un peu plus de 17h lorsque nous quittons le parc.
Un reportage de César Ébrokié
Jean Marc Bini, gestionnaire de domaine d’Ecotourisme : « Faire de la Côte d’Ivoire la première destination d’écotourisme en Afrique »
Gestionnaire d’un domaine à Dahliafleur, Jean Marc Bini se prononce sur l’écotourisme et dévoile ses ambitions.

Quel est votre regard sur l’écotourisme à Dahliafleur et en Côte d’Ivoire de façon générale ?
L’écotourisme à Dahliafleur est authentique et répond à un tourisme durable. Cette réserve est une ressource naturelle qui est l’un des éléments de base de l’écotourisme. Domaine Bini à Dahliafleur contribue efficacement à la réalisation de l’activité de l’éco-tourisme. Cela est une opportunité du développement durable par les différentes activités qui s’y mènent et permettent d’éradiquer la pauvreté, favoriser un travail décent, la croissance économique, l’égalité des sexes, l’énergie propre, le partenariat pour la réalisation des objectifs pour la protection de la réserve. Elles apportent de l’économie à la population locale.
De façon générale, la Côte d’Ivoire est un pays qui possède des ressources naturelles telles que les parcs nationaux, les montagnes, les fleuves, aussi avec ses nombreuses cultures agricoles. L’écotourisme a sa place d’être pratiqué afin de valoriser ces ressources.Quelles sont les profils des visiteurs ?
À Dahliafleur et sur les autres sites du domaine Bini, nous avons tous les profils de famille, entreprise et école ; mais les coûts sont fixés selon les profils.Le coût de 18.000f par personne pour une journée est-il à la portée du citoyen moyen ? Le coût de 18000f n’est pas élevé. Il est abordable pour les citoyens, en ce sens qu’avec ce prix, ils ont plusieurs activités telles que la randonnée. La nourriture est comprise, comme tous les jeux.Quels sont vos projets à court et moyen terme ? Les projets à court terme tournent autour de la valorisation de l’écotourisme. A moyen terme, nous comptons implanter l’éco-tourisme dans toutes les villes de la Côte d’Ivoire. A long terme, nous ambitionnons de faire de la Côte d’Ivoire la première destination d’écotourisme en Afrique.
Que faut-il faire pour booster l’écotourisme ?
Pour booster l’écotourisme en Côte d’Ivoire, il est impératif que le gouvernement puisse accompagner les opérateurs économiques dans ce secteur en finançant les projets écotouristiques. Par ailleurs, il faut l’implication de la communauté locale dans toute activité d’écotourisme. En plus, il faut protéger la forêt en sensibilisant la population contre la déforestation. Il est indispensable que l’État puisse mettre à la disposition des opérateurs économique des aires protégées pour valoriser l’écotourisme en côte d’ivoire.
Interview réalisée par César Ébrokié







