
Présidentielle 2025 : la gauche ivoirienne en ordre dispersé face au RHDP
Lemandatexpress – Clôturée mardi 26 août à minuit, la période de dépôt des candidatures pour la présidentielle d’octobre a permis à environ soixantaine prétendants (selon Jeune Afrique) de se manifester auprès de la Commission électorale indépendante (CEI). Mais au-delà de ce chiffre record, c’est la multiplication des candidatures à gauche qui frappe, révélant un camp plus divisé que jamais.
Alors que les partisans du parti pouvoir (RHDP) ont fait preuve d’unité en se rassemblant autour d’Alassane Ouattara, qui a déposé en personne son dossier de candidature, mardi 26 août, au coeur d’une marée humaine, la gauche ivoirienne s’est fragmentée en vue de la présidentielle d’octobre.
L’ancien président Laurent Gbagbo, pourtant radié de la liste électorale, a vu ses lieutenants dont Sébastien Dano Djédjé déposer son dossier. Ce geste symbolique, destiné à affirmer son rôle incontournable à gauche, n’a pas empêché l’apparition de concurrents dans son propre camp. Ahoua Don Mello, ancien cadre du PPA-CI, s’est présenté comme une alternative, au cas où Gbagbo serait recalé. Cette candidature parallèle illustre déjà la fragilité du leadership de l’ex-chef d’État même si les représentants de Don Mello ont laissé entendre que sa participation à l’élection est conditionnée par celle de Gbagbo.
Simone Gbagbo contre Pascal Affi : la vieille fracture
À ces divisions s’ajoutent celles qui traversent l’ancien Front populaire ivoirien. Simone Ehivet, désormais à la tête du Mouvement des générations capables (MGC), a décidé de s’inviter dans la course, revendiquant son propre héritage politique. De son côté, Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, a déposé sa candidature malgré une contestation interne qui mine son autorité. Les deux figures longtemps unies par le passé, incarnent aujourd’hui deux visions opposées de la gauche, sans parvenir à fédérer autour d’un projet commun alors même qu’ils ont cohabité au sein de la CAP-CI.
Même situation au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Son président, Tidjane Thiam, bien qu’exclu de la liste électorale, a vu son dossier déposé par ses partisans, conduits par le vice-président Alain Cocauthrey. Mais son absence du pays et les débats sur sa nationalité nourrissent les doutes. Dans le même temps, Jean-Louis Billon, député de Dabakala, a choisi la voie de l’indépendance, espérant capitaliser sur les frustrations internes au vieux parti. Là encore, la division affaiblit la cohérence du camp de l’opposition.
Un front commun qui peine à masquer les rivalités
Officiellement, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ont tenté de présenter un front commun ces dernières semaines. En témoigne la marche du du 9 août à Yopougon. Mais cette alliance reste de façade : derrière les communiqués conjoints, chaque camp défend ses propres ambitions. Aussi, la multiplication des dossiers déposés confirme que la logique d’unité a cédé la place aux rivalités personnelles. Les éléments de langage des cadres du Front commun avait laissé présager le choix d’un candidat de consensus. Que non!
Indépendants et outsiders en embuscade
En plus des grandes figures, plusieurs indépendants comme Tiémoko Assalé, Vincent Toh Bi Irié ou Olivier Vamy Djè Bi Djè ont déposé leur candidature. Leur présence ajoute encore à la dispersion des forces de l’opposition et capte une partie de l’électorat contestataire.
En définitive, la gauche aborde la présidentielle de 2025 dans une configuration éclatée, minée par les rivalités historiques (Gbagbo vs Affi, Gbagbo vs Simone) et les ambitions nouvelles (Thiam vs Billon). À l’inverse, le RHDP affiche une unité autour d’Alassane Ouattara, ce qui pourrait peser lourd dans un scrutin où la cohésion politique sera décisive. A noter qu’après la réception des dossiers,
Il convient de souligner qu’après réception des dossiers de candidature, la CEI dispose de trois jours pour les transmettre au Conseil constitutionnel. Celui-ci va les examiner, en dernier ressort, puis aura jusqu’au 10 septembre pour se prononcer sur la liste définitive des candidat(e)s retenu(e)s.
M.Galé







