
Formation pour des élections apaisées : les journalistes saluent une belle initiative du GEPCI appuyée par le FDFP
Lemandatexpress – Le séminaire de formation des journalistes, initié par le GEPCI (Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire) en vue des élections présidentielles d’octobre, a démarré ce lundi 15 septembre pour les journalistes politiques. Une session qui tombe à point nommé au regard de l’engouement et du ressenti des participants.
Période hautement sensible, l’élection présidentielle exige des journalistes un professionnalisme accru pour délivrer une information juste et contribuer ainsi à la consolidation de la démocratie et de la paix sociale. C’est tout le sens de cette formation, initiée par le GEPCI avec le soutien financier du Fonds de développement et de la formation professionnelle (FDFP) et l’appui technique du cabinet African Leadership Skills Academy (ALSA).
Après les correspondants de presse réunis à Yamoussoukro du 12 au 14 septembre, la session se poursuit à Abidjan depuis ce lundi, à Mpouto. Articulée autour de principes cardinaux tels que la responsabilité du journaliste en période électorale, l’éthique et la déontologie du journalisme, cette séance inaugurale a réuni une trentaine de journalistes.

En charge de la formation, le Dr Karim Wally, enseignant-journaliste, a insisté sur la nécessité pour les participants de distinguer clairement journalisme et militantisme, afin de servir une information juste tout en se mettant à l’abri du danger. « Nous avons échangé avec les journalistes sur les méthodes et moyens pouvant leur permettre de se protéger et de faire face aux différents risques liés à leur métier. Un autre aspect important de la formation a porté sur la désinformation. En période préélectorale et électorale, ce phénomène prend des proportions alarmantes, notamment sur les réseaux sociaux. (…) L’objectif de cette formation est donc d’amener les journalistes à rester vigilants face à ces contenus trompeurs, mais aussi à développer des réflexes pour les déconstruire, dans l’intérêt du public électeur », a-t-il souligné, non sans saluer l’engouement et l’intérêt manifestés autour de cette initiative du GEPCI.
À l’issue de la journée du lundi, des journalistes ont mis en lumière le bien-fondé de ce séminaire.
Oumar Abdel Kader Tani (Soir Info)
« Les journalistes doivent faire attention à ce qu’ils écrivent »

« Cette formation est la bienvenue. Nous faisons un métier noble mais, d’un côté ou d’un autre, nous ne sommes pas suffisamment protégés ni défendus. Nous sommes donc obligés de prendre certaines précautions pour aller sur le terrain. En cette période électorale, il faut que nous soyons modérés pour donner la bonne information, car notre responsabilité est invoquée à la moindre étincelle. Les journalistes doivent faire attention à ce qu’ils disent et à ce qu’ils écrivent. Il ne faut pas écrire pour faire plaisir à un camp ou parler pour frustrer un autre. »
Joël Dally (L’Avenir)
« Il est essentiel que
nous soyons mieux outillés pour les élections »

« Je pense que c’est une formation très enrichissante à laquelle nous participons. Elle tombe à point nommé, car nous préparons des enjeux cruciaux. Il est donc essentiel que nous soyons mieux outillés pour aborder ces questions. Vous savez, cette période est particulièrement sensible : un journalisme mal préparé peut devenir une arme dangereuse pour la société. Nous devons absolument nous réarmer de la meilleure manière possible afin d’affronter ces échéances et d’offrir aux citoyens une information fiable et de qualité. »
Lucien Deconens (La Clarté)
« Cette formation nous rappelle notre responsabilité vis-à-vis de la population »

« Cette formation nous permet de faire une introspection sur la réalité de l’écosystème de la presse et des médias. Nous avons pu apprécier objectivement le travail que nous faisons et les conditions dans lesquelles nous l’exerçons. À la suite de cela, nous sommes appelés à réfléchir, à réorienter certaines choses et à mieux prendre en main notre destinée. Je pense donc que ce séminaire est arrivé à point nommé. Vous savez, les élections approchent. Il est important pour chaque journaliste de mesurer toute sa responsabilité dans le travail qu’il aura à accomplir, afin que nous sortions de ces élections avec une Côte d’Ivoire plus apaisée. Le journaliste est d’abord le chroniqueur de l’activité humaine. Et si, en le faisant, il s’encombre de subjectivité, il risque d’agir en fonction de ses intérêts personnels plutôt que de l’intérêt général. Cette formation nous rappelle donc notre responsabilité vis-à-vis de la population, à laquelle nous avons un devoir d’information. »
Étalée sur trois jours, cette première étape de la formation prend fin demain mercredi. À terme, 132 journalistes politiques, rédacteurs en chef et patrons de presse seront outillés afin d’aborder la présidentielle avec plus de professionnalisme.
Martial Galé







