
Anniversaire de la FESCI : « L’horloge s’est arrêtée à 34 ans », tranche Gilles Marcel Toukpo
Alors que certains nostalgiques tentent de commémorer ce 21 avril le 36ème anniversaire de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), les voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une mascarade mémorielle. Parmi elles, celle de Gilles Marcel Toukpo, ancien Secrétaire à l’Organisation, est sans équivoque : la FESCI n’est plus.
L’ambiance est aux bilans amers. Ce 21 avril 2026 aurait dû être un jour de fête pour le syndicalisme estudiantin ivoirien. Pourtant, pour de nombreux anciens cadres de l’organisation, l’heure n’est pas aux bougies, mais au constat de décès.
Pour Gilles Marcel Toukpo, parler de 36 ans d’existence est une erreur historique, voire une malhonnêteté intellectuelle. Le calcul est simple, mais brutal : née le 21 avril 1990, l’organisation a été officiellement dissoute par les autorités ivoiriennes le 30 octobre 2024.
« On ne célèbre pas la vie là où le souffle s’est arrêté », martèle l’ancien responsable syndical.
Selon lui, prétendre que l’organisation continue de vieillir malgré sa dissolution administrative et structurelle revient à nier l’évidence. Pour lui, la FESCI est restée figée à 34 ans de parcours. Un chiffre qui marque la fin d’une époque.
Un réquisitoire contre « les fossoyeurs
Au-delà de la simple question de date, le propos de Toukpo est une attaque frontale contre la dernière génération de dirigeants et d’acteurs ayant conduit à la chute du mouvement. Tout en rendant un hommage appuyé aux « bâtisseurs de 1990 » qui ont porté la flamme du syndicalisme dans la douleur et la conviction, il ne cache pas son mépris pour ceux qu’il juge responsables de la fin de l’organisation.
Le constat est cinglant : sans instances dirigeantes réelles et sans existence légale, la FESCI ne serait plus qu’un écho du passé. Il pointe du doigt une trahison interne, estimant que ceux qui devaient protéger ce patrimoine l’ont, par leurs actes, conduit à sa perte.
La dissolution de la FESCI en 2024 avait fait couler beaucoup d’encre, marquant la volonté de l’État de mettre fin à des décennies d’influence, parfois violente, sur le milieu universitaire. Aujourd’hui, le débat se déplace sur le terrain de la mémoire.
En affirmant que « l’histoire est un juge implacable », Gilles Marcel Toukpo clôt le débat sur la survie symbolique de la structure. Pour lui, si l’on peut dissoudre une organisation, on ne peut effacer la responsabilité de ceux qui l’ont servie… ou desservie.
La FESCI appartient désormais aux livres d’histoire, et toute tentative de la faire paraître « vivante » ne serait qu’un déni de la réalité nue et froide d’un héritage dilapidé.
Hilaire GUEBY







