
« Le PDCI-RDA doit signer un accord gagnant-gagnant avec le RDR-RHDP », l’honorable N’zi Éliane met les pieds dans le plat…
Lemandatexpre- La députée de Bocanda, N’zi Éliane, connue pour ses prises de position tranchées, a fait une sortie sans détour sur les rapports entre le PDCI-RDA et le RHDP.
Alors que les élections locales se profilent et que les différentes chapelles politiques s’organisent en conséquence, les relations entre le PDCI-RDA et le RHDP occupent le haut de l’affiche. Les deux partis houphouëtistes se livrent un véritable jeu d’échecs, avec en toile de fond un éventuel retour à une alliance de raison, voire de circonstance.
Dans la foulée des déclarations subliminales tenues, de part et d’autre, à l’occasion des 80 ans du vieux parti, la députée de Bocanda vient d’ajouter une couche à cette probabilité soigneusement entretenue.
Des rapports fraternels et cordiaux
« Le PDCI-RDA doit signer un accord gagnant-gagnant avec le RDR-RHDP, disons avec la branche RDR du RHDP. Car la branche PDCI, on se connaît déjà et on continue de se parler. Moi personnellement, j’ai toujours maintenu des rapports fraternels et cordiaux avec tous les transfuges du PDCI-RDA au RHDP. J’ai de bons rapports avec tout le monde », a révélé, sur tiktok, celle qui, avec d’autres élus, avait récemment claqué la porte du groupe parlementaire PDCI-RDA.
Une position assumée, loin d’être l’expression d’un basculement annoncé de l’honorable N’zi Éliane. Elle le dit clairement : « Je veux un accord, pas rejoindre le RDR. J’ai choisi un accord parce que nous sommes houphouëtistes et nous devons continuer à dialoguer… »
Tout haut, une aspiration partagée en sourdine
Dans un contexte de recomposition préélectorale de la scène politique nationale, « N’zi Éliane dit tout haut ce que certains disent tout bas », avance un cadre du parti doyen.
En effet, de plus en plus, l’idée d’un retour à l’alliance PDCI-RDA/RHDP fait son chemin dans certains cercles de réflexion. Des cadres les plus anciens à la génération montante, en passant par les militants de base, toutes les options possibles pour la reconquête du pouvoir d’État reviennent sur la table. Dans ce contexte, des noms comme Maurice Kakou Guikahué, Jean-Louis Billon ou encore Thierry Tanoh circulent comme étant favorables au rapprochement des deux alliés d’hier.
Parallèlement, des voix s’élèvent en sourdine pour opposer une fin de non-recevoir à cette ambition. Elles y voient une collaboration à double tranchant. S’il y a la possibilité pour le PDCI-RDA d’obtenir des postes au sein de l’exécutif, on redoute en revanche le revers de la médaille, notamment une alliance qui tournerait à l’absorption, ou encore le départ définitif de plusieurs cadres du parti.
« Thiam a le dernier mot »
Ce choc de positions intervient alors que le président du parti se trouve toujours hors du pays. Tidjane Thiam, qui dirige le PDCI-RDA depuis l’Hexagone depuis mars 2025, ne s’est pas officiellement prononcé sur la question. Mais son orientation est fortement scrutée.
Certains cadres osent déjà croire qu’il n’engagera pas le PDCI-RDA dans une alliance qui a montré « ses limites ». Mais ils tempèrent, par respect pour la discipline du parti : « C’est Thiam le président. Nous irons là où il voudra que nous allions. »
Autrement dit, c’est lui qui a le dernier mot. Encore faut-il attendre son retour au pays, qui reste lui aussi une inconnue dans l’équation.
Martial Galé







