
Sénégal : la recomposition du gouvernement révèle des fissures au sein du PASTEF
Lemandatexpress – Quelques jours après la publication du nouveau gouvernement sénégalais, le climat politique reste marqué par les répercussions du départ d’Ousmane Sonko de la Primature. Alors que le leader du PASTEF multiplie les sorties critiques à l’encontre du président Bassirou Diomaye Faye, des tensions internes émergent au sein de son propre parti, alimentant les interrogations sur la cohésion de la majorité au pouvoir.
Depuis son éviction du poste de Premier ministre le 22 mai dernier, Ousmane Sonko adopte un ton offensif vis-à-vis du chef de l’État. Une posture qui mobilise sa base militante, mais qui semble également mettre en lumière des divergences stratégiques au sein du PASTEF. Selon plusieurs médias sénégalais, dont Senejet Presse, des cadres et responsables du parti auraient choisi de prendre leurs distances avec les orientations définies par la direction nationale.
La question de la participation au nouveau gouvernement apparaît notamment comme un point de crispation majeur.
En effet, alors que le PASTEF avait officiellement annoncé sa non-participation à l’équipe gouvernementale, plusieurs personnalités proches du mouvement ont accepté des responsabilités ministérielles ou maintenu leur présence dans l’appareil d’État. Une situation qui suscite l’incompréhension d’une partie des militants et entraîne des réactions parfois radicales au niveau local.
À Bignona, la coordination locale du parti a ainsi annoncé l’exclusion du nouveau ministre des Forces armées.
Des décisions similaires ont été signalées à Podor et à Keur Massar, où certains responsables locaux ont publiquement retiré leur soutien à des figures associées au pouvoir exécutif.
Parmi les personnalités visées figurent notamment Dr Ibrahima Sy, Alioune Dione ou encore Marie Angélique Diouf.
Cette dynamique contraste avec le maintien au gouvernement de plusieurs alliés politiques du PASTEF, parmi lesquels Déthié Fall, Moustapha Guirassy, Boubacar Camara, Mamadou Lamine Dianté et Cheikh Tidiane Dièye. Leur présence dans l’exécutif soulève des interrogations sur la cohérence de la ligne politique défendue par la coalition au pouvoir.
Au-delà des cas individuels, cette séquence politique met en évidence un défi plus profond pour le PASTEF : celui de préserver son unité dans un contexte de redistribution des responsabilités et de redéfinition des rapports de force entre les différentes composantes de la majorité présidentielle.
La multiplication des sanctions locales et les contestations ouvertes contre certaines décisions du Comité exécutif (Comex) traduisent une tension croissante entre la direction nationale et les structures de base du parti. Si ces divergences ne sont pas rapidement maîtrisées, elles pourraient fragiliser l’autorité de la direction et compliquer la gestion politique du pouvoir.
Les prochains jours seront donc déterminants pour évaluer si ces dissensions relèvent de simples ajustements consécutifs à la recomposition gouvernementale ou si elles annoncent une véritable crise de cohésion au sein du parti fondé par Ousmane Sonko.
Dans un contexte où le Sénégal entre dans une nouvelle phase de gouvernance, la capacité du PASTEF à maintenir son unité pourrait constituer l’un des principaux enjeux politiques des mois à venir.
Martial Galé






