
Avant le match contre Curaçao : retour sur les drames et exploits des Éléphants lors des derniers matchs de poules
Les Éléphants de Côte d’Ivoire seront face à Curaçao, ce jeudi au Stade de Philadelphie, avec en ligne de mire une qualification pour les 16es de finale de la Coupe du monde 2026. Un rendez-vous capital qui rappelle de nombreuses expériences vécues par la sélection ivoirienne dans ce type de scénario.
Si les Éléphants avaient obtenu au moins un match nul contre la Mannschaft lors de la 2e journée, ils aborderaient cette rencontre avec davantage de sérénité. Mais la défaite frustrante (2-1) concédée dans les derniers instants d’un match globalement maîtrisé change totalement la donne à l’approche de cette ultime journée de la phase de groupes.
La bande à Emerse Faé, qui n’a plus totalement son destin entre ses mains, oscille ainsi entre doute et espoir d’une qualification historique pour le second tour d’une Coupe du monde. Une situation qui n’est pas sans rappeler plusieurs précédents, aussi bien en Coupe du monde qu’en Coupe d’Afrique des nations.
Le spectre de 2014
En la matière, le souvenir de 2014 au Brésil refait rapidement surface. Et pour cause, le parallèle est frappant. Au pays du roi Pelé, la Côte d’Ivoire avait remporté son premier match contre le Japon (2-1) avant de s’incliner face à la Colombie sur le même score. Lors de la dernière journée contre la Grèce, deux scénarios favorables s’offraient alors à la sélection dirigée par Sabri Lamouchi : gagner ou simplement obtenir un point pour accéder au second tour.
Mais les coéquipiers de Didier Drogba s’étaient inclinés (1-2) et avaient quitté prématurément la compétition pour la troisième fois consécutive. Une immense désillusion.
Des déconvenues à la CAN
En dehors de la Coupe du monde, c’est à la CAN que l’histoire de la Côte d’Ivoire regorge de telles déconvenues.
En 1990, en Algérie, les Éléphants avaient besoin d’un match nul lors de leur dernier match de groupe pour décrocher leur billet pour les demi-finales, selon la formule de l’époque. Mais les Super Eagles du Nigeria, emmenés par un certain Rashidi Yekini, en décidèrent autrement. L’attaquant nigérian inscrivit l’unique but de la rencontre, éliminant ainsi Gadji Céli et ses coéquipiers.
En 2000, au Ghana, après une défaite (3-0 contre le Cameroun) et un nul (0-0 contre le Togo) lors de ses deux premières sorties, la Côte d’Ivoire devait s’imposer avec au moins trois buts d’écart pour rejoindre les quarts de finale. Au final, Bonaventure Kalou et Donald Sié offrirent une victoire (2-0), insuffisante pour arracher la qualification face au Ghana.
Les Éléphants rentrèrent alors au pays avec un profond sentiment de frustration. Pis, ils furent conduits au camp militaire de Zambakro, à Yamoussoukro, pour une formation civique.
Plus proche de nous, la CAN 2023 organisée en Côte d’Ivoire. La lourde défaite subie lors de la dernière journée de la phase de groupes (4-0) face à la Guinée équatoriale rappelle également les drames vécus par la sélection ivoirienne dans ces rendez-vous décisifs. Heureusement, cette fois, la règle des meilleurs troisièmes avait permis au pays hôte d’être repêché. Une seconde chance que les Éléphants allaient magnifiquement transformer en sacre continental.
Un excellent exemple de motivation
Pour cette Coupe du monde à 48 équipes, la possibilité de figurer parmi les meilleurs troisièmes existe également. Elle pourrait donc constituer une bouée de sauvetage en cas de contre-performance face à Curaçao.
Mais pour la Côte d’Ivoire, le mieux serait d’éviter les interminables calculs à l’issue de cette rencontre. En la matière, les Éléphants disposent d’un excellent exemple : leur troisième match de groupe contre le Cameroun lors de la CAN 2015 en Guinée équatoriale. Après deux premiers matchs compliqués (nuls contre le Mali et la Guinée :1-1), ils avaient décroché une victoire précieuse grâce à un but décisif de Max-Alain Gradel, s’emparant ainsi de la première place du groupe. La suite ? Un deuxième titre continental au bout de l’aventure.
Par ailleurs, en dehors de l’épisode douloureux de 2014, la Côte d’Ivoire a remporté ses derniers matchs de groupe en Coupe du monde. Certes, ces succès — 3-2 contre la Serbie-et-Monténégro en 2006 et 3-0 contre la Corée du Nord en 2010 — étaient restés sans conséquence sur le plan comptable. Mais une victoire face à Curaçao aurait cette fois le mérite de propulser les champions d’Afrique 2023 vers une qualification historique pour le second tour.
La balle est désormais dans leur camp.
Martial Galé







