Les non-dits de la dernière manœuvre de Gbagbo, retour sur le Bureau politique du PDCI, le chocolat inquiète… (La Matinale expresse)
Le dernier acte politique de Laurent Gbagbo, portant délégation d’une partie de ses pouvoirs, continue de nourrir les débats. De son côté, le PDCI-RDA n’a toujours pas fixé de nouvelle date pour son Bureau politique, reporté à la suite du décès du ministre Émile Constant Bombet. Et pourtant, plusieurs dossiers s’amoncellent dans les casiers du vieux parti. Le cacao, encore et toujours, est au cœur de l’actualité. Cette fois-ci, c’est la production du chocolat qui interpelle. Sur le plan social et juridique, on en sait également davantage sur les événements de Kossandji et les conditions du Prophète Jérémie David…
Le PPA-CI, à travers la dernière répartition des cartes effectuée par Laurent Gbagbo, donne le sentiment d’un nouveau cap organisationnel. Cinq personnalités, cinq figures majeures nommées à des postes stratégiques. Objectif affiché : réduire la marge de manœuvre du « Woody », désormais marqué par le poids de l’âge (81 ans).
Mais, dans une analyse holistique incluant les éléments factuels de la marche de cette formation, Le Mandat soulève les non-dits de la décision. Pour le journal, cette délégation de pouvoirs n’est rien d’autre qu’une « pirouette de Gbagbo qui cache mal les difficultés du PPA-CI ». Un parti marginal qui peine à s’implanter largement sur l’ensemble du territoire et qui connaît également une fuite de ses militants.
Plus provocateur, Le Matin voit, pour sa part, un abandon du combat avant terme par Laurent Gbagbo, qu’il présente comme un « bagarreur ».
À rebours de ces lectures, Le Temps affiche une posture plus optimiste. Pour ce média marqué à gauche, cette délégation de pouvoir traduit une volonté d’accélérer le dynamisme du parti. Vrai ou faux ? Le temps nous le dira.
Silence radio sur le BP du PDCI
Au PDCI, pas de délégation de pouvoir pour l’instant. Tidjane Thiam, malgré son absence prolongée du pays, reste le seul maître à bord du navire octogénaire. Mais que de problèmes en interne ! En cela, le Bureau politique convoqué le 25 juillet dernier arrivait à pic, avant d’être reporté à la suite du décès du ministre Émile Constant Bombet.
Depuis, c’est silence radio sur la nouvelle date. Alors, Le Nouveau Réveil met les pieds dans le plat : « Pourquoi pas un Bureau politique avant octobre ? », s’interroge le journal, qui réitère son plaidoyer, affirmant que seule la bataille du terrain mérite d’être menée, contrairement aux attaques, invectives contre les personnalités et autres procès.
Ce timing proposé par Le Nouveau Réveil n’est pas fortuit. Il prend en compte les procès décisifs d’octobre concernant le PDCI et son président, Tidjane Thiam. Comprendra bien qui voudra.
L’actualité nationale est dominée, en outre, par la filière cacaoyère, avec notamment une inquiétude qui enfle autour du chocolat. Au sujet des produits chocolatés, « Abidjan et Accra s’inquiètent de la teneur en cacao », selon L’Inter. L’Intelligent d’Abidjan enfonce le clou en ces termes : « La fève de cacao fait la malle… Le chocolat presque sans cacao. »
Pendant ce temps, les producteurs et les coopératives ne démordent pas dans leur offensive. Ils réclament constamment des comptes à l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) dans l’affaire des stocks résiduels.
18 ppersonnes déférées
Sur le front social et juridique, on en sait un peu plus sur l’évolution des événements de Kossandji, dans le département d’Alépé : 18 personnes ont été déférées devant le parquet d’Abobo, indique Le Quotidien d’Abidjan. Dans ce conflit intercommunautaire qui a déjà fait sept morts, de gros délits et de lourdes peines pèsent contre des auteurs présumés, fait savoir Le Jour Plus.
Enfin, on tient la vérité sur le prophète Jérémie David, interpellé à la suite de ses propos jugés jouissifs concernant la mort du colonel-major Fofié Kouakou Martin. Selon Le Patriote, Braman Koné a démenti la rumeur de sa mort. Notre Voie, quant à lui, revient sur les conditions de l’arrestation de l’homme de Dieu. Évoquant la violence perpétrée lors de cette interpellation, le journal accuse le pouvoir de ternir l’image de la République, tout en soulevant un problème d’éthique.
En tout état de cause, le débat autour de cet événement, et tous les autres, est loin d’être clos.
C’était tout pour aujourd’hui.
À lundi.
Martial Galé







