Orpaillage clandestin : le COJEP propose la création d’un ministère dédié
L’un des phénomène dévasteurs de l’environnement ivoirien au cours de ces dernières décénies est sans doute l’orpaillage clandestin.Face à la dangeriosité du fléau, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), avec à sa tête le président, Charles Blé Goudé, propose la création d’un ministère exclusivement chargé de la lutte contre l’orpaillage clandestin en Côte d’Ivoire.
Pour Charles Blé Goudé, ce phénomène est devenu une menace multidimensionnelle qui nécessite une réponse structurelle et durable de la part de l’État.
Dans une déclaration rendue publique le jeudi 20 août 2026 à Abidjan, le président du COJEP a exposé la position de sa formation politique face à la persistance de l’exploitation minière illégale. Le parti estime que les mesures actuellement mises en œuvre, notamment les opérations de déguerpissement, de destruction des sites et d’interpellation, restent essentiellement conjoncturelles.
Selon M. Goudé, le ministère proposé aurait pour principale mission de concevoir et de coordonner une politique nationale de lutte contre l’orpaillage illégal. Les ministères de la Défense et de la Sécurité conserveraient, pour leur part, la responsabilité de fournir les moyens humains et opérationnels nécessaires à l’application de cette politique sur le terrain.
Il relève également que la poursuite des activités clandestines, malgré les différentes opérations menées par les forces de l’ordre, révèle l’existence de réseaux organisés qui dépasseraient les seuls exploitants présents sur les sites. Cette situation conduit le COJEP à appeler les autorités à revoir leur approche et à considérer l’orpaillage clandestin comme « un système de prédation organisé contre le patrimoine national ».
Dans cette perspective, la formation politique préconise l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’identifier les commanditaires et les financiers de ces activités. Elle propose également le gel de leurs avoirs, dont les ressources pourraient contribuer au financement de la restauration des sites dégradés et au soutien des opérations de lutte contre l’exploitation minière illégale.
Le COJEP recommande, en outre, le renforcement de la surveillance des zones sensibles grâce notamment à l’utilisation de drones et de systèmes d’alerte. Il plaide également pour une interdiction stricte de toute activité minière dans les zones de captage d’eau, les cours d’eau, les forêts classées, les parcs nationaux ainsi que dans les zones agricoles considérées comme stratégiques.
Enfin, il appelle à une coopération accrue entre les États de la sous-région et au renforcement de la collaboration transfrontalière. Pour le COJEP, cette démarche est indispensable pour démanteler les réseaux organisés qui alimentent l’orpaillage clandestin et apporter une réponse plus efficace à un phénomène dont les conséquences touchent à la fois l’environnement, l’économie, la sécurité et le patrimoine national.
Kouassi N’Goran







