Conflit de chefferie à Tiébissou/ affaire ‘’Lomokankro dit non au passage en force de Gbégbéssou’’
Lemandatexpress – Le différend qui oppose Lomokankro est Gbégbéssou continuent de provoquer de réactions. Après les propos d’un fils de lomokankro publié chez un confrère, Nanan N’Guessan Kouadio Félix porte-parole des chefs des Ahétou de Tiébissou, chef du village de Golibo dans la commune de Tiébissou dit sa part de vérité. Lui qui est le président du comité d’organisation du chef de canton qui sera intronisé les semaines à venir nie tout ‘’passage en force’’ et fait un rappel historique.
Depuis 2015, nous avons voulu rompre avec un silence passif. C’est la volonté que nos aïeux, chefs du village de Tiébissou n’ont jamais pour mettre un nouveau chef, après la mort du premier et le seul chef. Il s’appelle Gnamien Brou. Il a séjourné à Asséoubo avant qu’il ne meure. Il est mort cela fait 74 ans, nous n’avons pas eu la chance d’avoir un autre chef. Comme à l’Assemblée nationale, seuls les chefs font la loi.
Donc au niveau des chefs de Tiébissou, ce n’est pas les nanafouè, oualèbo Sakassou, Faafouè Bouaké et autres qui viendront faire la loi chez nous. Il faut qu’on s’accepte.
Pendant que nous nous unissons pour combler le vide, malheureusement, il y a un groupe qu’on appelle Lomokankro, qui s’y oppose. En donnant des raisons qui ne tiennent pas. Ce groupe dit que par le passé, avant que Nanan Brou qui fût et est demeuré le seul chef ahétou en tant que canton, serait venu leur demander la permission avec la graisse d’un mouton qu’ils ont conservée.
Ils disent donc que sans leur accord, il n’y aurait pas eu de chef canton qui s’est installé à asséoubo. Ce qui s’est passé, c’est qu’en son temps, le colon réunissait tous les chefs ahétou à N’gatta dolikro qui est un grand centre à l’effet d’en choisir un pour être le chef canton.
Retenons que le chef canton est une invention des colons blancs, le cantonnât. Le baoulé ne connaissait que les tribus et le chef du village.
Alors le colon a choisi l’un des chefs pour en faire un chef canton. Quand il est arrivé pour poser le problème aux chef réunis à N’gatta dolikro, celui qui était chef s’appelait Djéli Kouassi Amani. C’est lui qui a fait croire au blanc, au colon en question que celui qui pouvait être le chef canton est encore jeune. Le blanc s’est donc retiré à Tiébissou tout en leur donnant trois (3) mois à l’issu desquels il viendrait découvrir ce jeune en question.
A son retour, il découvrit que le jeune en question était en réalité un adulte ayant l’âge requis pour être chef. Le colon choqué, a fait alors déporter ce Djéli Kouassi Amani à Man où il a été incarcéré et en est mort. Cela veut dire que N’gatta dolikro n’a jamais eu de chef canton.
C’est alors qu’il a choisi le soi-disant jeune pour en faire un chef canton qui habitait à Asséoubo qui était un endroit enclavé. Le colon lui a donc demandé de quitter son village pour s’installer sur l’axe, Tiébissou-Didiévi. L’endroit choisi, c’était sur la terre des Lomo (lomokankro).
Par respect de la coutume, il a payé un mouton pour l’offrir au chef de cet endroit. C’est la graisse de ce mouton qui est restée permanente là, conservée. Pour ces gens dont j’ai parlé plus haut, cet endroit est l’endroit du cantonnât. Voilà comment le Lomo fait sa conclusion. Alors 3 ans après l’installation de ce nanan Brou, il ne voit venir aucun blanc. (…).
Alors il est rentré chez lui à Asséoubo où il a continué à gouverner, à être chef canton jusqu’à sa mort. Sa tombe est là aujourd’hui à Asséoubo. C’est l’un de ses petits fils qui se trouve à Gbégbéssou que l’ensemble des chefs a choisi sans savoir qu’il avait des liens avec Nanan Gnamien Brou. C’est plus tard qu’on comprendra que celui qui a été choisi est un descendant de Nanan Gnamien Brou du côté maternel.
Cette coïncidence, personne ne la conteste puisqu’elle répond aux uses et coutumes des Baoulés. Et ils viennent d’écrire dans un journal que Gbégbéssou a volé la chefferie des mains de Lomo. Nous leur disons donc d’arrêter de dire des choses qui n’existent pas.
Peuvent-ils nous dire le nom de celui qui a été une fois chef de canton de Lomo ? Peuvent-ils nous montrer la tombe de celui qui fut une fois, chef de canton de Lomo ? Evidemment non ! parce que ça n’existe pas. Donc sur quoi se basent-ils pour dire qu’ils ont le cantonnât ? La preuve, ce sont les traces, la graisse du mouton qu’ils brandissent.
C’est l’ensemble des chefs de Tiébissou qui décide. Ce n’est pas un seul chef du village qui décide. J’ai réussi à réunir les chefs des autres villages, seul Lomo n’est pas venu. Moi je suis le président du comité d’organisation de l’intronisation du chef canton de Tiébissou actuellement. La cérémonie aura lieu en décembre. Ce chef s’appel Nanan Kouagny 1er. C’est lui qui est le chef de canton reconnu depuis 10 ans.
Propos transcrits par Paul Kouakou






