Organisation Ouest africaine de santé: le nouveau DG prend fonction avec l’ambition de renforcer la résilience sanitaire de la CEDEAO
Abidjan a accueilli, le mercredi 9 septembre 2026, la cérémonie officielle de passation de service entre le directeur général sortant de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), Dr Aïssi Athanase Joël, et son successeur, le Pr. Pitché Palokina Toyi.
Dans son adresse, le nouveau directeur a exprimé sa gratitude aux autorités de l’institution sous-régionale, ainsi que celles de la Côte d’Ivoire pour l’engagement en faveur de la paix, de la sécurité et du bon fonctionnement des institutions communautaires. Poursuivant, Pitché Palokina Toyi a expliqué que sa mission s’inscrit dans le cadre de la vision 2050 de la CEDEAO, intitulée « CEDEAO des peuples : paix et prospérité pour tous ». Selon lui, l’intégration régionale constitue un préalable au développement des États et à la prospérité des populations. « L’intégration constitue un préalable indispensable pour le développement de nos États et la prospérité de nos populations», a-t-il soutenu.
Dans les prochains mois, le nouveau directeur entend élaborer un nouveau plan stratégique pour traduire les priorités de la vision 2050 dans le domaine sanitaire. Il a annoncé sept principaux axes. Il s’agit de l’harmonisation des politiques de formation et des systèmes de santé, de l’amélioration de l’accès aux soins de base, notamment pour les mères et les enfants, de l’accès aux médicaments et vaccins de qualité, du renforcement de la riposte aux épidémies et de l’appui à la couverture sanitaire universelle. Le genre, le dividende démographique et la santé des jeunes seront également pris en compte.
Mobilisation autour de l’OOAS.
Pour réussir cette nouvelle étape, le directeur général entrant a appelé à une mobilisation collective du personnel et des partenaires techniques et financiers. « Une institution comme l’OOAS ne tient que par le dynamisme et la qualité des hommes qui l’animent », a-t-il relevé, avant de rappeler que l’organisation est au service de près de 400 millions de citoyens de la CEDEAO. « Les hommes passent, les institutions restent, mais que seront les institutions sans les hommes ? », s’est-il interrogé, invitant chacun à œuvrer davantage pour l’intérêt général et la santé des populations ouest-africaines.
La cérémonie a été marquée par la présentation du bilan du mandat écoulé et la définition des principales priorités de la nouvelle direction. Elle s’est également déroulée dans une atmosphère empreinte de solennité et de convivialité, ponctuée par la projection d’un film documentaire retraçant les principales réalisations du mandat écoulé, la signature du procès-verbal de passation, l’échange des dossiers, ainsi que de remises de présents.
Un bilan riche en réformes.
Prenant la parole, le directeur général sortant, Dr Aïssi Athanase Joël, a présenté les acquis enregistrés durant ses quatre années de mandat. Il a notamment cité l’élaboration et l’adoption d’un manuel de procédures administratives, comptables et financières, ainsi que la mise en place de politiques harmonisées de gestion des ressources humaines et d’amélioration de la qualité des soins. « Nous avons travaillé à consolider les fondations institutionnelles de l’OOAS et à renforcer son efficacité au service des populations », a-t-il indiqué.
Dr Aïssi Athanase Joël a aussi relevé l’adoption d’une politique régionale de santé communautaire, d’un cadre régional d’élimination du paludisme pour la période 2026-2035 et l’alignement sur les directives de l’Organisation mondiale de la santé relatives à l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois. La mobilisation des ressources domestiques pour la santé et la mise en place de mécanismes de suivi des appuis financiers figurent également parmi les acquis présentés.
Des mécanismes pour les urgences.
Au nombre des réalisations, le directeur général sortant a évoqué la création, à la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), de deux fonds sécurisés, dont l’un consacré aux urgences sanitaires et aux épidémies, avec la possibilité d’un décaissement en moins de 24 heures. Le renforcement des laboratoires et des plateaux techniques, la dotation des ministères de la santé en véhicules 4×4 et de plusieurs pays en ambulances médicalisées ont également été cités.
Malgré ces avancées, l’OOAS reste confrontée à des contraintes financières. M. Aïssi a notamment rappelé que le budget principal de l’organisation n’avait enregistré qu’un taux de décaissement de 26 % en 2025. Il a donc invité le personnel à accompagner son successeur dans la continuité de l’action. « Je demande au personnel d’accompagner pleinement le nouveau directeur général, dans l’intérêt collectif et pour le bien-être des populations de la CEDEAO », a-t-il déclaré.
Pitché Palokina Toyi, de nationalité togolaise, a été promeut au poste de DG de l’OOAS au mois de juillet passé. Il est professeur titulaire de dermato-vénéréologie et enseigne à l’Université de Lomé depuis 1997. Cette prise de fonction en Côte d’Ivoire revêt une dimension particulière. Ayant effectué ses études doctorales à l’Université de Cocody entre 1993 et 1996, il revient professionnellement dans le pays 30 ans après l’avoir quitté. « La Côte d’Ivoire est ma deuxième patrie », a-t-il affirmé.
Kouassi N’Goran







