Litige foncier à Anyama 4 croix : ESTP conteste la version de Sophia SA et maintient ses droits sur les 72 hectares
Le bras de fer foncier entre Sophia SA, dirigée par Touré Ahmed Bouah, et l’entreprise ESTP de Soumahoro Mory se poursuit. Au lendemain de la conférence de presse tenue, mercredi 9 septembre 2026, au Palm Club Hôtel, par le président du conseil d’administration de Sophia SA, la partie adverse apporte sa version des faits et conteste plusieurs éléments avancés lors de cette rencontre.
Selon Soumahoro Mory, directeur général d’ESTP, le différend porte notamment sur une emprise de 72 hectares, comprise dans une superficie globale de 346 hectares. Il affirme avoir travaillé pendant cinq ans sur cette parcelle, à la demande de plusieurs familles détentrices de droits coutumiers. Avec l’accompagnement de la chefferie, des délimitations auraient été effectuées famille par famille avant la constitution des dossiers techniques.
Le responsable d’ESTP soutient également avoir obtenu des documents d’attribution auprès de la chefferie et engagé des frais pour la réalisation des différentes opérations. Face aux exigences techniques de l’administration, les différentes emprises auraient ensuite été regroupées dans un dossier technique portant sur les 72 hectares. Soumahoro Mory affirme que cette intervention ne relevait pas d’une initiative clandestine. Il dit disposer de plusieurs documents signés par les responsables coutumiers, ainsi que d’un mandat établi et légalisé par Touré Ahmed Bouah lui donnant, selon lui, la responsabilité de l’aménagement et de la commercialisation d’une partie de la superficie concernée. Il assure surtout que des attestations relatives aux 72 hectares lui ont ensuite été remises par Sophia SA.
« Ce n’est pas moi qui ai établi ces attestations », soutient-il, affirmant les avoir conservées comme éléments de preuve.
L’entreprise ESTP conteste par ailleurs l’idée selon laquelle ses travaux auraient été réalisés en dehors de l’emprise qui lui était attribuée. Elle affirme avoir réalisé d’importants travaux d’aménagement, notamment la pose de bornes et le déplacement de populations installées sur certaines parcelles. De son côté, la famille Amon, représentée lors de cette prise de parole, réclame le règlement de sommes qu’elle estime encore dues dans le cadre des transactions foncières. Elle appelle les différentes parties à trouver une solution permettant de préserver les intérêts des familles détentrices des droits coutumiers.
Pour ESTP, la question doit donc être tranchée à partir des documents administratifs, techniques et des actes signés par les différentes parties. L’entreprise dit avoir notamment introduit une demande d’ACD concernant les 72 hectares auprès du ministère de la Construction et affirme disposer d’un ordre de recettes en lien avec cette démarche.
Dans ce dossier où s’opposent accusations et démentis, ESTP appelle ainsi à une clarification officielle des différentes emprises foncières et des droits de chaque partie, afin que la lumière soit faite sur ce litige qui oppose désormais ouvertement les deux entreprises.
Sidoine Koffi
lemandatexpress.net







