Lemandatexpress – À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, le Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné, a délivré un message fort au nom du Président Alassane Ouattara. Entre impératifs de paix régionale, justice climatique et réforme de la gouvernance mondiale, la Côte d’Ivoire s’est affirmée comme un pilier de la diplomatie africaine.
Alors que le monde traverse une crise de confiance sans précédent marquée par la multiplication des foyers de tension, la Côte d’Ivoire entend faire entendre sa voix. Porteur du message du chef de l’État Alassane Ouattara, le Vice-Président Tiémoko Meyliet Koné a dépeint un tableau sans complaisance des défis contemporains : de l’extrémisme violent aux dérèglements climatiques, en passant par les risques émergents liés à l’intelligence artificielle.
Face à cette « fragmentation progressive de l’architecture de paix », le représentant ivoirien a plaidé pour un sursaut collectif visant à redynamiser la diplomatie mondiale.
Sécurité et lutte contre le terrorisme : l’urgence d’une solidarité internationale
Inquiète pour la stabilité mondiale, la Côte d’Ivoire s’est dite « très préoccupée » par la dégradation du contexte sécuritaire au Proche et Moyen-Orient, mais aussi sur le continent africain, notamment à l’Est de la RD Congo, au Soudan et dans la région du Sahel.
Dénonçant le recul du soutien international, Tiémoko Meyliet Koné a rappelé le lourd tribut payé par les nations africaines : « En raison de l’absence de soutien de certains partenaires et des Nations Unies, plusieurs pays africains peinent à résoudre durablement les conflits et à supporter le coût des différentes opérations de lutte contre le terrorisme et de maintien de la paix ».
Face à la menace transnationale de l’extrémisme violent, le Vice-Président a martelé qu’aucun pays ne pouvait agir isolément. Il a appelé à renforcer la coopération régionale et internationale tout en attaquant les racines profondes des crises : la pauvreté, les inégalités et le chômage des jeunes.
Réforme du Conseil de sécurité
L’un des moments forts du discours a résidé dans l’appel ferme à la modernisation des institutions internationales créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, jugées désormais en décalage avec les réalités contemporaines. « Il devient de plus en plus difficile d’expliquer aux jeunes générations que les Organisations créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ne puissent plus refléter fidèlement les réalités politiques, démographiques et économiques du 21ᵉ siècle », a fait observer le Vice-Président. Au nom de la Côte d’Ivoire, il a réaffirmé le soutien sans réserve du pays à une représentation permanente de l’Afrique au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, afin que le continent prenne toute sa place dans les décisions qui engagent sa propre sécurité.
Justice financière et climatique pour le développement du continent
Abordant le volet socio-économique et le retard accumulé dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030, Tiémoko Meyliet Koné a réclamé une transformation en profondeur de l’architecture financière internationale. Rappelant l’injustice climatique subie par l’Afrique, continent qui émet le moins de gaz à effet de serre mais qui en subit de plein fouet les conséquences dévastatrices, le Vice-Président a souligné l’urgence d’un accès plus équitable aux ressources : « La Côte d’Ivoire appelle donc à une réforme ambitieuse de l’architecture financière internationale et à un partenariat mondial renouvelé, afin d’assurer aux pays en développement un accès plus équitable aux ressources nécessaires au financement des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de la transformation industrielle et de la création d’emplois décents pour les jeunes ».
Un engagement constant de la Côte d’Ivoire pour la paix
Fidèle à la tradition diplomatique ivoirienne fondée sur le dialogue et le règlement pacifique des différends, Tiémoko Meyliet Koné a réitéré la solidarité de la Côte d’Ivoire envers d’autres nations en crise, à l’instar d’Haïti, tout en saluant le travail accompli par le Secrétaire Général sortant, António Guterres.
Au terme de son intervention, le représentant du chef de l’État a réaffirmé la détermination de la Côte d’Ivoire à demeurer un acteur engagé et constructif sur la scène internationale. « La Côte d’Ivoire, fidèle à ses valeurs, fortement attachée à la paix, au dialogue et au multilatéralisme, poursuivra, avec humilité mais avec détermination, sa contribution à cette œuvre collective, parce que nous croyons que le destin de l’humanité demeure profondément commun », a-t-il indiqué.
Zephirin Gohia


