Assemblée nationale: avant l’ouverture de la 2e session ordinaire, le PPA-CI déploie son ‘’Observatoire des décisions parlementaires’’ et dénonce un exécutif trop omnipotent

À 24 heures  de l’ouverture de la 2ème session ordinaire de l’Assemblée nationale dédiée au budget de l’État, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) est monté au créneau. Lors de sa 53ème tribune tenue ce mercredi 30 septembre 2026 au siège du parti, le vice-président exécutif et superviseur général de l’Observatoire des décisions parlementaires, Sehi Gaspard, a présenté les contours et les enjeux de l’instrument créé par Laurent Gbagbo pour passer à la loupe le travail législatif.

Au cœur du diagnostic dressé par l’opposition figure un déséquilibre institutionnel criant entre les pouvoirs. Analysant le bilan du premier semestre de l’année 2026, au cours duquel 27 lois ont été adoptées, Sehi Gaspard met en avant une prépondérance inquiétante de l’exécutif sur les élus de la Nation. Il a particulièrement pointé du doigt le recours massif aux ordonnances présidentielles qui représentent plus de la moitié des textes validés par l’Assemblée nationale.

 « Au premier semestre 2026, la majorité absolue des textes adoptés (environ 52 % des projets de lois soumis) provenait directement d’ordonnances présidentielles. Cet indicateur statistique précis justifie pleinement notre vigilance à l’orée de la seconde session ordinaire qui examinera le budget de l’État », a-t-il souligné.

Face aux critiques émanant de certains observateurs et acteurs politiques qui s’interrogent sur la légitimité d’une telle initiative alors que le PPA-CI ne siège pas dans l’actuelle législature, la direction du parti a balayé l’argument d’un revers de main. Pour Sehi Gaspard, la représentation citoyenne et le contrôle démocratique ne s’arrêtent pas aux portes du palais de la République.

« Le PPA-CI considère d’ailleurs que l’absence de députés du Parti à l’Assemblée nationale ne saurait priver les millions d’Ivoiriens qui lui font confiance d’une voix dans le débat législatif national. C’est un devoir de représentation populaire qui transcende les seuls murs de l’hémicycle », a martelé le superviseur général.

Structuré autour de trois commissions techniques majeures couvrant les finances, les institutions ainsi que les affaires sociales et environnementales, cet outil d’expertise regroupe neuf cadres, dont cinq anciens parlementaires. L’Observatoire entend désormais passer chaque texte de loi au filtre de la conformité constitutionnelle, de son impact socio-économique et de sa cohérence avec les droits fondamentaux, tout en promettant d’élaborer des contre-propositions chiffrées face aux initiatives gouvernementales jugées défavorables aux populations.

Zéphirin Gohia

lemandatexpress.net

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