lemandatexpress – L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire s’engage résolument dans l’ère du numérique en initiant une session de formation à l’intelligence artificielle (IA) destinée à l’ensemble de ses membres. Lancé à l’hémicycle sous l’impulsion du président de l’institution, Patrick Achi, ce programme vise à doter les élus de compétences technologiques de pointe pour renforcer l’efficacité de leurs travaux, affiner leurs analyses législatives et optimiser le contrôle de l’action gouvernementale.
Face aux bouleversements qu’engendre cette technologie à travers le monde, le président de la représentation nationale a exhorté les députés à s’approprier pleinement ces nouveaux outils. Lors de son allocution d’ouverture, Jérôme Patrick Achi a souligné l’ampleur des transformations en cours tout en rappelant les limites éthiques et politiques de l’outil. « Cette intelligence artificielle peut proposer, chercher, classer et calculer, mais elle ne vote pas », a-t-il rappelé avec insistance, affirmant que la responsabilité politique et la souveraineté démocratique des élus demeurent absolues et inaliénables. Pour le président de l’Assemblée nationale, la valeur de cette modernisation ne se mesurera pas au nombre d’outils technologiques distribués, mais bien à la pertinence des débats, à la qualité des lois votées et à l’impact direct des politiques publiques sur le quotidien des citoyens.
Cette initiative s’inscrit directement dans la stratégie globale du gouvernement visant à faire du numérique un levier majeur de développement socio-économique. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a rappelé à cette occasion l’ambition nationale de former plus de 2 000 décideurs d’ici la fin de l’année 2027. Cette dynamique repose sur la volonté de développer une intelligence artificielle nationale, ancrée dans les données locales et respectueuse des réalités socioculturelles du pays.
Invité d’honneur de cet événement, l’ancienne ministre marocaine du Numérique, le Dr Ghita Mezzour, enseignante-chercheuse spécialisée dans les technologies numériques et l’IA, a pour sa part mis l’accent sur les enjeux de souveraineté et de rigueur face aux erreurs ou biais algorithmiques. Elle a ainsi rappelé l’importance d’un esprit critique constant lors de l’utilisation des plateformes génératives, tout en saluant les perspectives offertes aux élus pour perfectionner l’examen des textes de loi. À travers ces ateliers pratiques, l’institution parlementaire entend ainsi moderniser le fonctionnement de l’État tout en garantissant un cadre éthique et sécurisé à l’usage des technologies de demain.
Zéphirin Gohia
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