
Ouattara, le grand maître du jeu, murmures à la CEDEAO, alliance désespérée…
Lemandatexpress – Ça continue d’épiloguer autour du 2ᵉ congrès ordinaire du RHDP, avec le président Ouattara qui cristallise tous les débats. Par ailleurs, alors que la Côte d’Ivoire se prépare à aller aux élections, le nom de la CEDEAO revient dans les discussions sur un éventuel 4ᵉ mandat. S’agissant de l’alliance entre le PPA-CI et le PDCI-RDA, Jean-Yves Esso émet un gros doute. De son côté, Soro Guillaume poursuit son grand écart en adhérant au mouvement « Trop, c’est trop » de Gbagbo… La matinale expresse.
72 heures après la grande démonstration de force du RHDP au stade olympique Alassane Ouattara d’Ébimpé, le soufflet a du mal à retomber. Le 2ᵉ congrès des Houphouëtistes reste toujours au cœur des débats. Aussi, la décision du chef de file de la formation est-elle attendue. Combien de temps prendra Alassane Ouattara pour se prononcer ? Cette communication sera-t-elle accompagnée d’autres annonces tout aussi déterminantes, comme la prise d’une loi d’amnistie (Sa Majesté Amon Tanoé l’a évoquée récemment) ? Autant de questions qui font dire à Fraternité Matin qu’Alassane Ouattara reste le grand maître du jeu. Tout le monde est suspendu à ses lèvres.
C’est ainsi que le député Sangaré Yacouba, dans les colonnes de L’Inter, présente le chef de l’État comme « un stratège », qui « est dans le timing légal » pour se déterminer. De son côté, Amidou Sylla, ancien maire d’Anyama et cadre du RHDP, formule le vœu « que le président Ouattara acceptera d’être notre candidat ». Partant de cet espoir et de la grande mobilisation de dimanche, Le Patriote conclut : « Alassane Ouattara, toujours dans le cœur des Ivoiriens. »
Le Nouveau Réveil ne voit pas les choses sous ce prisme. Le journal proche de l’opposition, dans une analyse sans concession, décrit un « flou artistique et un branle-bas au RHDP », après le congrès des Houphouëtistes. Selon Le Nouveau Réveil, « le Chef est pris entre le marteau de ses partisans chauffés à blanc, et l’enclume de l’opposition vent debout ».
Notre Voie renchérit en citant Affi N’Guessan (FPI), pour qui « Alassane Ouattara a épuisé toutes ses cartes ». En outre, le journal croit savoir « comment les chefs d’État sont piégés par leur entourage ».
Si Le Sursaut revient sur le parrainage citoyen, qu’il qualifie de « piège subtil », La Nouvelle Alliance, dans son édition de ce mercredi, soulève un sujet tout aussi capital : l’ingérence de la communauté internationale dans le processus électoral. D’après le média, il y aurait « des murmures à la CEDEAO contre un 4ᵉ mandat en Côte d’Ivoire ». Et d’ajouter qu’un politologue ivoirien « corrige » le discours de Ouattara.
En parallèle des critiques portées contre le régime, l’opposition reste bien empêtrée dans ses contradictions. L’union tant caressée peine à se concrétiser. Le Jour Plus constate, en effet, que Simone Gbagbo ne veut pas aller dans les bras de Gbagbo. Pour l’ex-première dame, « les organisations politiques doivent rejoindre la CAP-Côte d’Ivoire », alors que le PPA-CI et le PDCI-RDA viennent de signer un « front commun ».
S’agissant de cette dernière alliance, Jean-Yves Esso, qui a récemment migré du PDCI-RDA au RHDP, n’y voit rien de solide : « Le mariage PPA-CI – PDCI-RDA ressemble à une union désespérée », affirme l’analyste politique dans les colonnes de L’Expression.
Dans ce jeu d’alliances de circonstance, Générations et Peuples Solidaires de Guillaume Soro a choisi son camp. GPS décide, en effet, de prendre toute sa place dans le mouvement « Trop, c’est trop », écrit Le Nouveau Réveil. Tout en annonçant son adhésion à l’instrument de combat initié par Laurent Gbagbo, Guillaume Soro dénonce la « forfaiture » du RHDP, selon La Nouvelle Alliance. Qui l’aurait cru ! Ça s’appelle le grand écart politico-stratégique.
Martial Galé







