
Après avoir contesté la candidature de Ouattara, le PPA-CI défend celle de Laurent Gbagbo face aux contestations
Investi par le PPA-CI, Laurent Gbagbo a officiellement déposé sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025. Face aux contestations, son parti assure de sa légalité et en fait un symbole de résistance démocratique.
Après avoir vivement contesté la candidature du président sortant Alassane Ouattara, le PPA-CI s’est exprimé ce mardi sur la candidature de son leader, Laurent Gbagbo, investi le 10 mai 2024 lors de la convention du parti. Sa candidature a été officiellement déposée le 25 août 2025 auprès de la CEI.
Face aux doutes soulevés par certains acteurs politiques et observateurs, le PPA-CI a tenu à clarifier la légalité et la portée politique de cette candidature.
« Laurent Gbagbo remplit toutes les conditions »
Selon Koné Katinan, président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI, Laurent Gbagbo satisfait pleinement aux critères constitutionnels. L’article 55 de la Constitution ivoirienne fixe en effet trois conditions : être âgé d’au moins 35 ans, jouir de ses droits civils et politiques, et être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine.
« À 80 ans, le président Laurent Gbagbo répond à la condition d’âge. Il jouit par ailleurs de l’intégralité de ses droits civils et politiques. Aucune décision judiciaire de déchéance ne lui a été signifiée », a affirmé Koné Katinan, rejetant les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant une prétendue inéligibilité liée à l’affaire de la BCEAO.
Le PPA-CI rappelle également que Laurent Gbagbo, en tant que président d’un parti politique légalement constitué, doit nécessairement jouir de ses droits civiques et politiques, conformément à la loi de 1993 sur les partis politiques.
Le soutien du Comité des droits de l’Homme de l’ONU
Le parti s’appuie également sur une décision récente du Comité des droits de l’Homme de l’ONU, saisi le 21 juillet 2025 par Laurent Gbagbo. Dans une note transmise le 20 août aux autorités ivoiriennes, le Comité a demandé à l’État de garantir le plein exercice des droits politiques de l’ancien chef d’État, en vertu de l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Pour le PPA-CI, cette décision internationale renforce la légitimité de sa candidature et engage la Côte d’Ivoire, l’article 123 de la Constitution consacrant la primauté des traités sur les lois internes.
Une candidature symbole de résistance
Au-delà de l’aspect juridique, le PPA-CI met en avant la portée politique et symbolique de cette candidature. Comparant Laurent Gbagbo aux figures historiques de la lutte contre l’injustice comme Martin Luther King, Rosa Parks ou Nelson Mandela, Koné Katinan a affirmé que son leader « incarne la résistance face à l’arbitraire et à l’exclusion politique ».
Le cadre du PPA-CI a dénoncé les « tentatives du régime RHDP d’imposer une capitulation » et a appelé à la mobilisation pacifique mais déterminée des militants et sympathisants. « Le régime ne peut ignorer le message envoyé par la marche du 9 août et le meeting du 16 août », a-t-il averti.
Un appel à la mobilisation pacifique
Tout en réaffirmant sa volonté d’éviter la confrontation, le PPA-CI estime que la responsabilité incombe désormais au Conseil constitutionnel, garant du jeu démocratique. « Puisqu’elle s’impose à nous, menons la bataille au nom de la justice, de la République et de la démocratie », a conclu Koné Katinan, tout en appelant à la mobilisation citoyenne pour défendre les droits politiques de Laurent Gbagbo.
HILAIRE GUEBY







