
Présidentielle 2025 : le PDCI dénonce une « dérive autoritaire » après l’exclusion de Tidjane Thiam
Lemandatexpress – Le climat politique ivoirien se tend à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le 8 septembre dernier, le Conseil constitutionnel a publié la liste définitive des candidats en excluant Cheikh Tidjane Diam, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA) et unique porte-étendard du parti.
Lors d’un point de presse animé ce jeudi 11 septembre 2025, le plus vieux parti de Côte d’Ivoire a dénoncé une décision « grave et injuste », qu’il qualifie de coup porté à l’État de droit. « Cette décision, que nous savons savamment programmée depuis plusieurs mois dans les laboratoires du pouvoir, n’a trouvé comme seul argument officiel que l’absence du nom de notre candidat sur la liste électorale de 2024 », a martelé la direction du PDCI.
Pour le parti, cette exclusion résulte d’un processus électoral « biaisé », puisque la Révision de la Liste Électorale (RLE) 2025 n’a pas eu lieu contrairement aux pratiques des années 2010, 2015 et 2020, malgré un budget de 27 milliards FCFA voté à cet effet. Le PDCI accuse la Commission Électorale Indépendante (CEI) d’avoir violé une obligation légale, et reproche au Conseil constitutionnel d’avoir « fermé les yeux sur cette forfaiture ».
Au-delà de la contestation juridique, le discours du PDCI prend une dimension politique et institutionnelle : le parti y voit une tentative du pouvoir de verrouiller la compétition. « En même temps que notre président, tous les candidats issus de l’opposition significative et des indépendants gênants ont été éliminés », souligne le PDCI, citant notamment Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Assalé Tiémoko.
Ce rejet massif des principales candidatures d’opposition pourrait fragiliser la légitimité du scrutin. Le PDCI y voit « une instrumentalisation grossière de la justice pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir », mettant en garde contre un risque de rupture du pacte démocratique.
En réponse, le parti fondateur de la Côte d’Ivoire moderne appelle ses militants et sympathisants à la mobilisation et à la discipline, tout en exhortant la communauté internationale à « prendre la pleine mesure du danger qui guette la paix et la cohésion nationale ».
Abran Saliho






