
Blé Goudé: «Je souffre de ma séparation avec le président Gbagbo parce que …»
Lemandatexpress – Lors de son passage sur le plateau de La Quotidienne Info sur NCI, Charles Blé Goudé s’est livré comme rarement auparavant. Le président du COJEP, souvent silencieux malgré les nombreuses accusations dont il dit faire l’objet depuis son retour en Côte d’Ivoire, a décidé de briser ce qu’il appelle désormais “un silence qui commence à condamner”.
D’une voix grave et posée, l’ancien ministre de la Jeunesse a dressé un tableau sombre de l’état actuel de l’opposition ivoirienne : « L’opposition est aujourd’hui à terre, on ne peut rien faire. »
Selon lui, une fracture profonde s’est installée entre les leaders historiques, empêchant tout dialogue réel et bloquant toute tentative de reconstruction.
“Un corridor, un guichet unique” : un système qui isole et divise
Blé Goudé accuse une mécanique interne, selon lui soigneusement mise en place, d’empêcher la communication entre les acteurs clés de la gauche ivoirienne : « Il y a un corridor qui a été installé avec un guichet unique. Si tu ne passes pas par là, tu ne peux pas. Demandez-le à eux tous. »
Il révèle que plusieurs personnalités politiques échangent désormais “en cachette”, craignant d’être coupées du cercle rapproché de Gbagbo : « Parce que l’autre a peur de m’approcher, parce que s’il m’approche, il ne peut plus avoir accès au président Gbagbo. »
Dans un passage particulièrement émouvant, Blé Goudé s’adresse directement à Laurent Gbagbo, celui qu’il continue de considérer comme une figure paternelle : « Moi, je demande pardon au président Gbagbo si je l’ai choqué. Je ne sais pas ce que j’ai fait. Je pense que je peux encore lui apporter beaucoup. »
Et de rappeler, avec insistance . « Mettez-moi au-dessus de tout cela. Il demeure mon père. »
“Je souffre de ma séparation avec le président Gbagbo…”
Mais c’est une phrase, prononcée avec une émotion palpable, qui a profondément marqué les téléspectateurs : « Je souffre de ma séparation avec le président Gbagbo parce que j’ai beaucoup souffert avec lui. »
Une confession lourde, qui dévoile à la fois la douleur personnelle, l’histoire partagée et le lien indestructible qui continue de relier les deux hommes malgré la distance politique actuelle.
Blé Goudé précise : « Je ne dis pas que j’ai souffert pour lui. Moi, j’ai souffert pour mes idées, pour mon idéal que je portais. Les Ivoiriens sont témoins. »
“Le silence peut vous condamner”
Après trois ans à subir rumeurs, commentaires hostiles et accusations diverses, Blé Goudé explique pourquoi il sort enfin de sa réserve : « Ça fait trois ans que je suis en Côte d’Ivoire qu’on m’accuse de tous les maux d’Israël. Je n’ai jamais voulu parler. Mais la rumeur court. »
Puis il conclut, dans un constat glaçant : « Le silence est d’or, c’est vrai. Mais le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Votre silence peut vous condamner. »
Par cette intervention dense, presque cathartique, Charles Blé Goudé souhaite, dit-il, “éclairer la lanterne des Ivoiriens”.
Au-delà des mots, son témoignage dévoile une blessure profonde : celle d’un homme qui continue de porter le poids d’une histoire tumultueuse, d’une fraternité brisée, et d’un combat politique qui semble aujourd’hui orphelin.
Abran Saliho







