
Biodiversité : Vers un cadre stratégique robuste et inclusif en Côte d’Ivoire
Lemandatexpress – La Côte d’Ivoire a ouvert, ce jeudi 11 décembre 2025 à Abidjan, un atelier national consacré à la validation des livrables de l’actualisation de la Stratégie et du Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité (SPANB). Cette rencontre marque une étape décisive dans l’alignement des politiques nationales sur le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal adopté en 2022.
Au nom du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, le Directeur de cabinet adjoint Dr. Élisée Napari Yéo, a réaffirmé la détermination du Gouvernement à préserver et à restaurer la biodiversité ivoirienne, décrite comme une « richesse inestimable de notre Nation ». Il a également salué la mobilisation des institutions publiques, des collectivités, du secteur privé, du monde académique, des femmes, des jeunes et des communautés locales. Selon lui, cette actualisation résulte d’un processus inclusif engagé depuis 2023, grâce notamment à l’appui du Fonds pour l’Environnement Mondial, du PNUE, du PNUD, de la Coopération allemande (GIZ), de l’UICN, de l’Union européenne et de la Banque africaine de développement.

Revenant sur le contexte mondial, le représentant du ministre Assahoré a rappelé que la perte continue de biodiversité constitue l’une des menaces les plus graves pour les écosystèmes et l’économie planétaire. Il a souligné que le Cadre de Kunming-Montréal fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2030, parmi lesquels figurent la conservation d’au moins 30 % des zones terrestres et marines, la restauration de 30 % des écosystèmes dégradés, la réduction des pressions humaines sur l’environnement ainsi que l’intégration systématique de la biodiversité dans toutes les politiques publiques.
C’est dans cette dynamique que la Côte d’Ivoire a entrepris la production de trois documents techniques majeurs. Le premier porte sur l’état des lieux des cadres politique, juridique et institutionnel ; le deuxième concerne le diagnostic des systèmes de suivi-évaluation ; le troisième présente la Stratégie et le Plan d’Actions Nationaux pour la Biodiversité. L’ensemble de ces documents a été soumis à des consultations sectorielles approfondies, puis à une revue qualité conduite par un expert international avec l’appui de la GIZ et de l’UICN.

Prenant ensuite la parole au nom de la Représentante résidente du PNUD, Gael Olivier a rappelé que la biodiversité constitue « le capital naturel de la Côte d’Ivoire », indispensable à l’alimentation, à la santé, à la résilience climatique et à la stabilité économique. Il a insisté sur le fait que les participants n’étaient pas réunis pour un simple exercice administratif, mais bien pour décider de l’avenir du pays. Poursuivant, il appelé à investir réellement dans la biodiversité, en soulignant les défis croissants tels que la pollution des plages, l’asphyxie des cours d’eau ou encore la disparition progressive d’espèces emblématiques. Un avertissement particulier a été lancé concernant les risques sanitaires liés aux microplastiques, désormais présents dans la consommation quotidienne. Selon lui, malgré l’ampleur des enjeux, rien n’est irréversible à condition d’une mobilisation collective.
Avant ces interventions, la Directrice générale de l’Environnement, Dr N’Tain Jeanne, a mis en lumière la nécessité d’élaborer des politiques cohérentes et intégrées, estimant que la perte de biodiversité et les changements climatiques constituent « les deux faces d’une même crise ». Elle a également salué l’appui du PNUD à travers le projet BESNet ainsi que les initiatives régionales CABES et RESPIN qui renforcent les capacités africaines et favorisent la coopération scientifique.

L’atelier, prévu sur deux jours, permettra d’examiner les dernières contributions des parties prenantes afin de finaliser les documents stratégiques et de préparer leur transmission au Gouvernement en vue de leur adoption en Conseil des ministres. À court terme, il s’agira notamment d’intégrer les observations formulées, de procéder à la mise en page finale des livrables, d’éditer la SPANB et de constituer le dossier officiel. À moyen terme, les actions porteront sur l’organisation d’une table ronde avec les bailleurs, la vulgarisation nationale de la stratégie, l’élaboration d’un plan opérationnel triennal fondé sur les priorités identifiées et l’évaluation des besoins en renforcement de capacités.
En appelant à faire de la biodiversité une véritable priorité nationale et un levier de transformation durable, le Gouvernement réaffirme sa volonté d’accompagner la mise en œuvre de cette stratégie révisée. Les travaux se poursuivent jusqu’au vendredi 12 décembre, avec l’ambition de doter la Côte d’Ivoire d’un cadre stratégique robuste, inclusif et pleinement aligné sur les engagements internationaux à l’horizon 2030.
Abran Saliho







