
Législatives 2025 : Le PPA-CI justifie son absence et pointe du doigt une « crise de légitimité »
Lemandatexpress – Au lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la Commission Électorale Indépendante (CEI), le paysage politique ivoirien est en ébullition. Si le parti au pouvoir consolide son hégémonie à l’Assemblée nationale, l’opposition, portée par le discours incisif de Sébastien Dano Djédjé, dénonce un scrutin vidé de sa substance par une abstention record.
Selon les données communiquées par la CEI, le RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix) a littéralement verrouillé l’hémicycle en raflant 197 sièges sur les 255 que compte l’Assemblée nationale.
Cette performance marque une progression fulgurante de près de 18 % pour le parti présidentiel. Face à cette déferlante, le PDCI-RDA sauve les meubles avec 32 sièges, tandis que les Indépendants s’imposent comme la troisième force avec 23 élus.
Le reste de la représentation nationale se fragmente entre de petites formations comme Le BUFFLE, l’UNPR et le FPI, qui obtiennent chacun un unique siège.
Le « désaveu silencieux » d’une Côte d’Ivoire absente
Cependant, l’éclat de cette victoire est sérieusement terni par les chiffres de la participation, qui constituent le cœur de la polémique.
Établi officiellement à 35,04 % (après une première estimation à 32,34 %), le taux de participation s’est effondré par rapport aux 55 % de la présidentielle tenue deux mois plus tôt.
Pour le PPA-CI (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire), qui avait prôné le boycott, ce chiffre est l’aveu d’un échec systémique. Lors d’une conférence de presse ce mardi 30 décembre 2025, Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du parti, a qualifié la situation de « braquage électoral ».
Selon lui, le taux de non-participation de près de 65 % traduit une réalité politique cinglante : « le cœur des Ivoiriens n’y était pas ».
L’argumentaire du PPA-CI est sans équivoque : une assemblée ne peut prétendre représenter le peuple avec une telle désaffection. Dano Djédjé a martelé que cette abstention massive est un « désaveu silencieux mais profond d’un scrutin perçu comme joué d’avance ».
Répondant aux critiques sur la stratégie du boycott, le leader du parti de Laurent Gbagbo a clarifié sa position : « Le PPA-CI n’a pas fait la politique de la chaise vide : il a choisi de refuser de légitimer, à travers la fraude, une chaise déjà occupée. »
Pour l’opposition radicale, ce retrait volontaire n’est pas une démission, mais un acte politique visant à préserver l’intégrité du combat démocratique face à une « confiscation de la souveraineté ».
Hilaire GUEBY







