
Législatives 2025 à Béoumi :De graves accusations de dérives xénophobes relevées pendant la campagne
La politique, dans une démocratie mature, devrait se pratiquer dans l’intérêt supérieur de la Nation, dans le respect de la cohésion sociale, de la paix et des valeurs républicaines qui fondent l’unité nationale.
Elle devrait être un espace de confrontation d’idées, de projets et de visions pour le développement, et non un terrain de division et de stigmatisation. Malheureusement, le camp du candidat Sidi Tiémoko Touré, candidat du RHDP, dans une note dont copie est parvenue à la rédaction, estime que la campagne électorale des élections législatives du 27 décembre dernier à Béoumi a été marquée par des dérives graves, tendant à fouler aux pieds ces principes pourtant sacro-saints.
Dans la circonscription électorale 056 Ando-Krékrénou – Béoumi – Kondrobo, commune et sous-préfectures, fait noter la partie HRDP, les candidats du PDCI-RDA se sont illustrés de la plus mauvaise des manières. Pendant que Sidi Touré, candidat officiel du RHDP, menait une campagne apaisée, républicaine et respectueuse de ses adversaires, qu’ils soient indépendants ou issus d’autres formations politiques, son concurrent du PDCI-RDA a choisi une tout autre voie.
Le camp Sidi Touré révèle que la campagne du candidat du vieux parti s’est progressivement transformée en une tribune d’apologie du tribalisme, de l’exclusion et de la xénophobie. Le candidat du RHDP a ainsi été publiquement présenté comme un « fils d’étranger », non natif de Béoumi, avec pour objectif manifeste de discréditer sa candidature sur des bases identitaires.
Des propos d’une extrême gravité, en totale contradiction avec l’esprit et la lettre de la Constitution de la République de Côte d’Ivoire. Plus grave encore, certains membres du staff de campagne du PDCI-RDA se seraient rendus coupables d’agissements contraires aux dispositions de l’article 32 du Code électoral, portant atteinte à la liberté de choix des électeurs et au bon déroulement du processus démocratique.
Alors que de nombreux acteurs politiques, responsables et leaders d’opinion appelaient à la retenue, à la paix et à la cohésion sociale, d’autres ont travaillé à réveiller les vieux démons du tribalisme et de la xénophobie, que la Côte d’Ivoire s’efforce pourtant de dépasser depuis plusieurs années, sous le leadership inspirant du Président Alassane Ouattara. De manière répétée, le candidat du PDCI-RDA a tenu des propos appelant les populations à voter selon l’appartenance ethnique, stigmatisant certains groupes sociaux et visant particulièrement le candidat du RHDP, qualifié de « petit peulh ».
Des discours ouvertement discriminatoires, relayant des messages de division et de rejet. Dans certaines déclarations publiques, il est même allé jusqu’à affirmer que voter pour le candidat du RHDP ferait courir aux populations locales le risque de se voir déposséder de leurs terres, installant ainsi la peur et la méfiance au sein des communautés.
Il apparaît clairement que l’apologie du tribalisme, la manipulation des masses par l’instrumentalisation de la fibre ethnique et la peur de l’autre, constituaient l’essentiel du discours de campagne du candidat du PDCI-RDA et de plusieurs membres de son équipe lors des meetings et rencontres publiques. Ces propos choquants et inacceptables ont largement été relayés sur les réseaux sociaux. Pourtant, la Constitution ivoirienne est sans équivoque. Elle consacre l’unité nationale comme fondement de la République. Mieux, l’article 19 alinéa 3 stipule clairement que : « Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d’encourager la haine raciale, tribale ou religieuse, est interdite. »
Il est donc indéniable que les propos tenus par le candidat du PDCI-RDA tombent sous le coup de cette disposition constitutionnelle, affirme la note dont copie nous est parvenue. C’est ici le lieu de rappeler une vérité essentielle. Après les élections, la vie continue. Les joutes électorales, aussi passionnées soient-elles, ne devraient jamais remettre en cause la paix sociale, la cohésion nationale et le vivre-ensemble. Aucun mandat, aucune ambition politique ne saurait justifier la division des populations ou la remise en cause de l’unité nationale. La Côte d’Ivoire a payé un lourd tribut aux discours de haine par le passé.
Il est du devoir de tous les acteurs politiques, quels que soient leurs camps, de tirer les leçons de l’histoire et de placer la République au-dessus des intérêts partisans. Joint au téléphone pour un souci d’équilibre d’information, le candidat du PDCI-RDA, Me Blessy Chrysostome n’a pas voulu se prononcer tant qu’il n’a pas l’intégralité de la note de la partie adverse. « Si je n’ai pas le texte, je ne peux pas réagir », nous a-t-il fait savoir.
Kris Loh-Djiboua







